Laissé d’une part par les Américains et de l’autre par les Russes, Israël qui, souhaitait repousser l’avancée de l’armée syrienne dans le sud de la Syrie, se sent désarmé, pire, abandonné. Le gouvernement israélien se réunira d’urgence pour débattre de la Syrie et d'une guerre totale qui pourrait être déclenchée dans la région.
Le cabinet du régime israélien se réunit, dimanche après-midi, pour se débattre des détails d’une guerre éventuelle à déclencher dans la région.
Le website DEBKAfile, proche du renseignement de l'armée israélienne, a indiqué que le cabinet se pencherait sur la situation dans le sud de la Syrie et des préparations pour déclencher la guerre contre les alliés de l'armée syrienne, surtout les groupes liés à la Résistance.
Le chef d'état-major israélien Gadi Eizenkot a effectué, jeudi dernier, une visite surprise à Washington, lors de laquelle il s’est entretenu avec son homologue américain Joseph Dunford et d’autres responsables sécuritaires et militaires US de ce qu’Israël qualifié d'«activités militaires de l’Iran » dans la région.
Les services de sécurité et militaires du régime israélien sont inquiets de la perspective d’une guerre éventuelle qui placerait Israël, seul, face à la Résistance. Les autorités israéliennes disent toutefois être prêtes à une confrontation militaire.
L'armée israélienne a été mise en état d'alerte le long de la frontière nord d’Israël (territoires occupés palestiniens, NDLR).
"L'armée a augmenté son niveau de préparation sur les hauteurs du Golan à la lumière de l'escalade récente des combats dans le sud de la Syrie et des avancées de l'armée syrienne vers la frontière israélienne", a annoncé le quotidien israélien Haaretz.
Au cours des 10 derniers jours, la province de Deraa, au sud de la Syrie, a été la scène d’intenses bombardements aériens et attaques terrestres des forces de l’armée syrienne qui ont fini par libérer les villes de Busra al-Harir et Nahta. Nombre d’individus armés, combattant contre les forces syriennes et les alliés, avaient, tout d’abord, accepté de se rendre à l’armée du gouvernement d’Assad. Mais après le refus catégorique affiché par la plupart de ces groupes terroristes retranchés à Deraa de se désarmer, l'armée syrienne a lancé son offensive contre les positions du Front al-Nosra dans la banlieue est de Deraa. Ce qui inquiète profondément Israël. Ce n’est pas toutefois le seul échec de Tel-Aviv qui se comporte comme si le sud syrien était son "protectorat" : l’ambassade US à Amman a fait savoir aux terroristes de l'ASL, sur qui Tel-Aviv a compté pour repousser l'armée syrienne, qu'ils ne pourraient compter sur son aide et qu'ils sont libres de se rendre à l'armée syrienne ou de quitter la région. La Jordanie cherche par tous les moyens à éviter une escalade sur ses frontières.
En plus, les pourparlers russo-israéliens à Deraa ont échoué. Les forces aériennes russes ont lancé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 juin de violentes frappes contre les positions d’al-Nosra à Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie et des bombardements russes se poursuivent depuis de façon sporadique.
DEBKAfile, site proche du renseignement de l’armée israélienne, accuse Moscou de ne pas avoir tenu les promesses qu’il avait faites à Israël. Dans leurs discussions avec Israël, les Russes avaient toutefois affirmé qu’ils n’apporteraient pas un soutien aérien à Assad au cas où l’armée de ce dernier lancerait son offensive contre Deraa et Quneitra, qui se trouvent tout près du Golan occupé.
Or, Israël qui se voit seul à repousser l’avancée de l’armée syrienne dans le sud de la Syrie, comme l’estiment, d’ailleurs, les analystes israéliens, a décidé de se pencher plus sérieusement sur la question de la bataille au sud. Le régime de Tel-Aviv récalme désormais et très explicitement l'acheminement d'armes, et de vivres aux terroristes d'Al-Nosra retranchés à Deraa et pourtant, il se refuse à les accueillir sur son sol.
En fait le régime israélien a bloqué à ces derniers l'accès aux territoires israéliens (territoires occupés palestiniens, NDLR). « Nous sommes prêts à fournir une aide humanitaire aux civils syriens, mais nous n’accepterons aucun réfugié syrien en Israël », dit Leiberman qui a remplacé le mot "terroriste nosratiste" par "déplacé". Israël soutient depuis 2013 les terroristes du Front al-Nosra dans le sud de la Syrie aussi bien en termes militaires avec ses raids lacés régulièrement contre l'armée syrienne qu'en termes logistiques. Mais face à ce qui ressemble plutôt à un "lâchage américain" à son égard, et confronté à la désapprobation russe, Israël semble naviguer à vue, hésitant à intervenir directement pour stopper l'avancée de l'armée syrienne.