C'est comme pour les sanctions contre l'Iran, c'est l'Europe qui en fait les frais. Les États-Unis ont lancé un avertissement à l'Europe lui intimant l'ordre de réduire à zéro ses achats du pétrole iranien d'ici le mois de novembre. L'Europe va-t-elle se laisser faire ? Un diplomate européen, qui souhaite garder l’anonymat, qualifie de "tout à fait inefficace" ce genre de menace.
Un haut fonctionnaire européen a averti que la demande de Donald Trump à tous les pays de stopper complètement leurs importations de pétrole iranien d'ici le 4 novembre pourrait s'avérer plus abrupte que mordante, d'autant plus que Washington aura du mal à persuader les autres pays de revenir sur une question aussi sensible que les importations d'énergie de l'Iran. "Ils ne réussiront pas", a dit le diplomate européen lors d’une interview accordé à Norman Laurence, journaliste du Wall Street Journal.
Les États-Unis ont menacé de sanctionner les pays qui ne réduisent pas leurs importations de pétrole iranien à "zéro" d'ici le 4 novembre.
Mardi 8 mai, Donald Trump a annoncé le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 qu'il juge trop laxiste. Il a rétabli, à cette occasion, toutes les sanctions américaines levées dans le cadre de cet accord, y compris les sanctions secondaires qui frappent les entreprises étrangères qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Cette mesure a gravement nui aux intérêts des entreprises européennes en Iran au profit de celles des pays asiatiques qui renforcent de jour en jour leur présence sur le marché iranien. En réaction à la menace américaine, la Russie a d'ailleurs annoncé qu'elle continuerait ses achats du pétrole iranien.
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Le Trésor US est chargé d’évaluer à partir du 4 novembre la "réduction attendue" des exportations pétrolières de l’Iran et s'en prendre, comme le confirmait le ministre français de l'Économie à titre de "gendarme économique", à tous les pays qui suivant leur principe de souveraineté, auraient violé son oukase.