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Syrie: pourquoi une armée arabe est, dores et déjà, vouée à l'échec?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les troupes américaines en Syrie. ©CNN

Les rapports publiés dans les médias occidentaux témoignent du fait que certains conseillers du président américain Donald Trump ont récemment proposé un plan en vertu duquel les États-Unis devraient remplacer les troupes américaines par une coalition composée de militaires arabes en Syrie.

Alors que la Jordanie et l’Égypte se sont déjà opposées à y engager des militaires, l'administration américaine compte beaucoup sur Riyad et elle est en train d'étudier l'idée d'offrir le « statut d’allié majeur non-membre de l’OTAN » à l'Arabie saoudite dans le but de la persuader d'envoyer des forces armées arabes pour remplacer des troupes américaines en Syrie.

Selon le Wall Street Journal, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton aurait contacté le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamal, pour convaincre les autorités égyptiennes de participer à cette initiative, mais en vain. Outre l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats et le Qatar auraient été sollicités. 

Tout porte à croire qu’un éventuel accord aurait été trouvé entre les États-Unis et les pays arabes, cependant le processus de la formation d’une coalition efficace composée des armes arabes en vue de faire avancer les objectifs stratégiques des États-Unis en Syrie sera beaucoup plus compliqué qu’il ne le semble pas au premier regard. Cela a déjà suscité de vives critiques de la part des experts des questions militaires à l’intérieur des États-Unis.

Le mardi 17 avril, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a salué ce plan américain, le qualifiant de « bon début » pour la coopération Riyad/Washington en Syrie.

«Nous menons des négociations avec les États-Unis depuis le début de l'année sur le déploiement des forces arabes en Syrie. Mais ces propositions et cette idée ne datent pas d'hier», a indiqué le ministre cité par la chaîne de télévision Al-Ekhbariya.

Le ministre saoudien a rappelé que son pays en avait déjà discuté avec l'administration de Barack Obama qui avait finalement décidé de «ne pas prendre de mesures concernant cette proposition».

Cependant, Nicholas Heras, expert du Moyen-Orient au Center for New American Security, ne croit pas que les militaires saoudiens puissent être une bonne option pour la mission des Américains, étant donné du fait qu’ils ont rencontré de grandes difficultés pour atteindre leurs objectifs militaires face aux combattants d’Ansarallah au sud du Yémen.

Mais tout porte à croire que les armées des pays arabes auront de grands problèmes à exécuter la mission envisagée par Donald Trump en Syrie.

La plupart des pays arabes, bien qu’ils aient acheté de grandes quantités d’armements et équipements américains, ont des capacités  restreintes.

L'analyste militaire John Kirby estime que la plupart des pays arabes ne sont pas capables de se servir de leurs forces politiques, économiques, militaires et de renseignement pour envoyer et maintenir des contingents dans des zones en crise sécuritaire.

Les militaires des pays arabes ne peuvent pas faire de longs trajets et effectuer des opérations indépendamment. Les armées des pays arabes les plus développés sont toujours dépendantes des renseignements américains pour mener une mission dans la région et sans les informations secrètes de leurs satellites, elles ne sont pas en mesure, à elles seules, de collecter des renseignements et de viser des cibles.

En outre, ils sont dépourvus d’équipements de combat sophistiqué. Ils ne disposent pas de suffisants avions de ravitaillement pour poursuivre leurs opérations et sont incapables donc d’assurer la sécurité des bases peuplées par des militaires de nombreux pays arabes, sur le sol syrien.  

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV