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L'interdiction de l'abaya: une nouvelle atteinte à l'identité culturelle des musulmans ?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Par Arwin Ghaemian

Ces dernières années, le gouvernement français a mis en œuvre de nombreuses politiques discriminatoires à l’encontre de la communauté musulmane dans différents domaines politiques et sociaux.

Dans le dernier cas en date, le ministère français de l'Éducation a interdit aux filles musulmanes de porter l'abaya dans les écoles publiques du pays. De plus, les mères d'élèves des écoles publiques françaises ne peuvent accompagner leurs enfants dans des activités extrascolaires en dehors des établissements scolaires que si elles ne portent aucun signe religieux, y compris le hijab.

Gabriel Attal, le ministre de l'Éducation, a affirmé que l'abaya islamique violait les principes de laïcité dans l'éducation.

Il a également annoncé la formation de 300 000 salariés par an d'ici 2025 et de l'ensemble des 14 000 cadres d'ici la fin de cette année dans le domaine de la laïcité.

Cette décision apparaît comme l'interdiction de longue date des symboles religieux visibles dans les écoles françaises, chrétiennes et islamiques, conforme au principe de laïcité.

Pourtant, cette décision a été prise malgré les informations selon lesquelles les filles musulmanes considèrent l'abaya comme un vêtement de couverture normal et pas religieux en particulier. Cependant, les autorités françaises le considèrent, à tort, comme un symbole religieux et l'ont donc interdit.

Rappelons que le gouvernement français a déjà pris des décisions dans le domaine de l'habillement musulman, comme l'interdiction du foulard et du voile en 2004, ainsi que du niqab en tant que voile en 2010. En 2017, une loi a été adoptée en France pour placer les musulmans et les mosquées sous stricte surveillance gouvernementale. Récemment, le ministre de l'Intérieur a annoncé la fermeture de 21 mosquées, affirmant qu'elles présentaient des signes d'extrémisme lors des récentes inspections.

Ces décisions font partie d'une série de mesures prises par le gouvernement français pour restreindre les libertés individuelles des minorités raciales et religieuses, notamment les musulmans. Cette pression accrue a conduit de nombreux musulmans à quitter la France, comme le montre un récent rapport de recherche de l'Université de Lille. Selon ce rapport, plus des deux tiers des musulmans interrogés déclarent avoir quitté la France pour pratiquer librement leur religion, et 70 % ont fui en raison du racisme et des discriminations.

Il est ironique que la France, qui revendique la liberté vestimentaire, de religion et d'expression pour les citoyens d'autres pays, limite désormais pratiquement les libertés des citoyens français au nom de la laïcité et exerce une pression considérable sur les minorités religieuses musulmanes. En revanche, des groupes sociaux marginalisés, comme les homosexuels en France, jouissent d'une totale liberté vestimentaire et de leurs droits.

Cette nouvelle interdiction a été critiquée par de nombreux politiciens, qui soutiennent que les vêtements amples et couvrants ne sont pas une manifestation de religion et que les étudiants ne devraient pas être exclus des cours en raison de leur tenue vestimentaire. Certains hommes politiques français, comme Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain du parti La France insoumise, ont critiqué la décision et souligné qu'elle exclut les musulmans et discrimine les cinq millions de membres de la communauté musulmane de France.

Cette décision révèle la contradiction entre les paroles et les actes des pays occidentaux, notamment lorsque les autorités politiques critiquent les pays indépendants qui imposent des restrictions vestimentaires. De plus, cela soulève des questions sur la promotion des déviations morales et l'assimilation de la communauté religieuse musulmane de France dans la culture décadente du libéralisme.

Il est important que la communauté chrétienne française, en particulier l'Église catholique, se tienne aux côtés de ses frères musulmans face au gouvernement français concernant cette violation de la liberté religieuse. Plutôt que de faire de fausses insinuations, il vaudrait mieux que le président Macron reconnaisse le rôle des services de sécurité dans la création d'un racisme systématique contre les musulmans en France.

En conclusion, des lois interprétables en France sont devenues un outil d'islamophobie, limitant la liberté d'expression au nom de la laïcité. Cette situation a également ouvert la voie à des attaques racistes et anti-islamiques contre les adeptes de l'islam. La multiplication exponentielle de ces attentats ces dernières années prouve clairement cette réalité.

 

Arwin Ghaemian est étudiant en doctorat d'histoire à l'université de Téhéran.

(Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles de Press TV)

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SOURCE: FRENCH PRESS TV