Daniel Byman, chercheur au Center for Middle East Policy de Brookings, a évoqué dans un article l'acte terroriste des États-Unis contre le général Qassem Soleimani en Irak. Cet assassinat est une page tournante des relations entre l’Iran et l'Irak d’une part et les États-Unis de l’autre, il aura un impact significatif sur l’image de ces derniers au Moyen-Orient.
« L'historique des décisions politiques de Donald Trump en Asie de l’Ouest n’est pas florissant et c’est une raison suffisante pour expliquer les inquiétudes suscitées notamment par l'acte terroriste (de vendredi) », a indiqué Daniel Byman.
L’inscription du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur la liste des groupes terroristes des États-Unis n’était pas une décision ordinaire de la part de l’administration Trump, car le CGRI est le bras fort et influent du gouvernement iranien, surtout dans les affaires étrangères. Il ne ressemble à aucun autre groupe qui figure sur la liste noire américaine.
Étant donné leur perception, les États-Unis devraient s’attendre à des représailles sévères et insoupçonnées de l'Iran dont la sphère d’influence dans la région du Moyen-Orient ne cessait de s’accroître. L’acte terroriste du gouvernement Trump en a offusqué plus d’un. L’indignation est générale et les mesures de rétorsion à venir seront irrévocables.
La mort en martyr d’Abou Mehdi al-Mouhandis, le commandant adjoint des Hachd al-Chaabi, a aussi provoqué l’ire des Irakiens qui crient désormais vengeance.
Selon M. Byman, l’assassinat de Soleimani devrait renforcer la position politique de l'Iran dans la région. En l’espace de ces 4 derniers jours, le Parlement irakien a subi des pressions drastiques de la part de ses proches alliés pour ratifier le retrait des troupes américaines d’Irak. Et si une confrontation devait avoir lieu entre les États-Unis et l'Iran en Irak, l’Iran aurait la main haute sur son adversaire en raison de son influence régionale.
En outre, les forces militaires américaines en Afghanistan et en Syrie sont en danger. Elles subissaient déjà les menaces des groupes tels les talibans.
Le Liban, allié de l’Iran, a dans le passé infligé des coups durs et inoubliables aux intérêts des États-Unis.
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L’assassinat des deux figures de proue de la Résistance en Irak a renforcé la volonté de l'Iran et ses alliés régionaux de venger leurs martyrs. L’intensité des représailles à venir n’est certes pas définie, mais le coup sera certainement inattendu et lourd de conséquences pour les États-Unis dont les autorités ont momentanément montré de l’enthousiasme après leur acte défectueux.
Elles se trouvent désormais face à un dilemme inextricable. Il est probable que l’armée américaine déployée en Asie de l’Ouest plonge dans un isolement qui affaiblira son influence en faveur de celle de l’Iran.
Dans le contexte actuel, la disparition du général Soleimani ne devrait être qu’une victoire superficielle et de courte durée pour les États-Unis, car Donald Trump a déjà prouvé son manque de tact envers ses alliés.