Plus tôt ce mois-ci, l’Inde a réaffirmé son engagement à conclure un accord avec la Russie pour l’achat en 2018 de systèmes de défense aérienne S-400 malgré la menace de sanctions américaines.
Des officiers de l'armée de l'air indienne (IAF) devraient se rendre en Russie plus tard cette année pour apprendre à utiliser les systèmes de missiles sol-air S-400 à longue portée, dont le premier lot devrait être livré à New Delhi en octobre 2020, a rapporté le Financial Express.
La nouvelle est survenue alors que le Premier ministre indien Narendra Modi a rencontré le président américain Donald Trump, dont l’administration a fait pression sur New Delhi pour qu'il renonce à l'accord avec Moscou en mettant en garde contre "de graves conséquences" en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon.
Bien que les deux parties n’aient pas discuté de la question très controversée de la livraison des S-400 à l’Inde, un fonctionnaire du département d’État américain a mis en garde New Delhi contre les l’acquisition du système fabriqué en Russie qui pourrait confronter le pays à la loi intitulée Countering America's Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA).
"En ce qui concerne le S-400, nous exhortons tous nos alliés et partenaires, y compris l'Inde, à renoncer aux transactions avec la Russie risquant d'entraîner les sanctions imposées par la CAATSA ... C’est le moment d’encourager l’Inde à envisager des solutions alternatives", a déclaré ce responsable la semaine dernière avant le voyage du secrétaire d'État américain Mike Pompeo en Inde.
De même, le département d'État américain a indirectement averti l'Inde que la poursuite de l'accord avec la Russie pourrait compromettre la conclusion d'autres accords sur les armes entre New Delhi et Washington.
"Le problème avec le S-400 est qu'il pourrait effectivement limiter la capacité de l'Inde à accroître sa propre interopérabilité. À un moment donné, un point stratégique doit être défini concernant les partenariats et le choix stratégique quant aux systèmes et plates-formes d'armes qu’un pays va adopter ", a déclaré Alice Wells, sous-secrétaire d'État adjointe chargée de l'Asie du Sud et du centre, lors d'un briefing du Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants à la mi-juin.
Ces avertissements ont suivi une déclaration du ministère indien des Affaires étrangères, début juin, selon laquelle New Delhi n’avait pas l’intention de contrecarrer l’accord S-400 avec Moscou malgré les sanctions imposées par les États-Unis.
L’Inde et la Russie ont signé en octobre dernier un contrat de 5,43 milliards de dollars pour les systèmes de missiles de défense aérienne S-400, le premier lot devant être livré en octobre 2020. Les quatre autres rejoindront l’armée de l’air indienne d’ici 2023.