Le secrétaire d'État américain accuse l'Iran d'avoir provoqué la double explosion à bord de deux superpétroliers en mer d'Oman et menace de renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité. Cette accusation sans preuve a été formulée par Pompeo lors d'un point de presse qu'il a très clairement cherché à transformer en une tribune pour menacer l'Iran. Cette accusation infondée intervient alors même que l'Iran a publié une vidéo de l'opération de sauvetage des 44 membres de l'équipage des deux navires par un navire iranien.
Jeudi 13 juin, Mike Pompeo a déclaré que l’administration américaine estimait que la République islamique d'Iran était responsable des attaques ayant eu lieu dans le golfe d'Oman.
« Cette évaluation est basée sur les renseignements, les armes utilisées, le niveau d’expertise nécessaire pour mener à bien l’opération, des attaques iraniennes similaires récemment menées contre la marine marchande ainsi que le fait qu’aucun groupe, soutenu par l’Iran, n’avait les ressources et la compétence nécessaire pour agir avec un tel degré de puissance et de sophistication », a déclaré Mike Pompeo lors d'une conférence de presse au département d'État.
Et d’ajouter : « L’Iran a promis, le 12 avril, au monde entier qu’il allait mettre fin au transfert du pétrole par le détroit d’Hormuz et il tente de le faire maintenant. »
« Le ministre iranien des Affaires étrangères a réagi à ces attaques aujourd'hui. M. Zarif pourrait penser que c'est drôle mais personne d'autre dans le monde ne pense comme lui », a déclaré aussi Pompeo.
Dans un tweet, le ministre iranien des Affaires étrangères a écrit: « Des attaques contre des pétroliers, liés au Japon, ont eu lieu alors que le Premier ministre japonais, Abe Shinzo rencontrait l'Ayatollah Khamenei pour des entretiens approfondis et amicaux. Même le terme « suspect » est inapproprié pour ce qui s'est passé ce matin. Le Forum de dialogue régional, proposé par l'Iran, est un impératif ».
Mike Pompeo a quant à lui continué en ce sens : « L’Iran attaque parce que son régime veut que notre efficace campagne de pression maximale contre lui soit levée. Aucune sanction économique ne donne à la République islamique le droit d’attaquer des civils innocents, de perturber les marchés mondiaux du pétrole et de se livrer à un chantage nucléaire. »
Mike Pompeo a souligné que les États-Unis avaient saisi le Conseil de sécurité des Nations unies pour faire valoir leurs arguments.
« La communauté mondiale condamne les attaques menées par l’Iran contre une libre navigation maritime et contre des civils. J’ai ordonné à notre ambassadeur à l’ONU d’évoquer cette question au Conseil de sécurité », a ajouté Pompeo.
Une vidéo, publiée sur le site web de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) montre les membres de l’équipage d’un pétrolier, touché hier jeudi par une explosion d’origine inconnue dans la mer d’Oman ; des personnes qui ont toutes été secourues par des équipes iraniennes.
La vidéo réfute les fausses informations de certains médias selon lesquelles l'Iran aurait évité d'aider les marins travaillant sur le navire.
Le site web de l’IRIB a cité une source informée au port iranien de Jask où les 23 marins avaient été transférés, affirmant que le pétrolier Front Altair avait chargé une cargaison d’essence dans le port qatari d’al-Ruwais. « Le navire a pris feu lorsqu’il se rendait au sud du port de Jask », a ajouté la source.
« 11 Russes, 11 Philippins et un ressortissant géorgien étaient à bord du navire. Toutes ces personnes ont été secourues par un navire iranien et sont en pleine forme », a ajouté la même source.
Le deuxième pétrolier avait chargé une cargaison de méthanol en Arabie saoudite et ses membres d'équipage ont, eux, été secourus par un navire néerlandais.
L’un des pétroliers battait pavillon panaméen et l’un autre portait l’enseigne des Iles Marshall.
Le directeur général du Département des ports et de la marine de la province d'Hormozgan (sud de l'Iran), Allah-Morad Afifipour, a réfuté dès les premières heures les informations selon lesquelles l’un des pétroliers avait coulé.
L’Iran a qualifié cet incident d’étrange car il a coïncidé avec la réunion qui a eu lieu entre le Premier ministre japonais, Abe Shinzo et le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
L’attaque a également eu lieu alors que Washington continue toujours et de manière éhontée d’accroître les pressions de multiples genres sur l’Iran et d’Isoler ce dernier.
Pour les observateurs, le fait que les deux pétroliers appartenaient au Japon dont le Premier ministre se trouvait au moment des explosions en Iran n'est pas anodin. Ils pensent que les attaquants ont cherché à saper cette visite et à réunir les conditions nécessaires pour qu’éclate finalement une guerre dans la région.