Les États-Unis viennent d’envoyer en Europe des bombardiers capables de porter des armes nucléaires. Ce n'est évidemment pas la première fois que des B-52H sont envoyés en Europe pour prendre part à des exercices réalisés dans le cadre de l'OTAN, mais ce déploiement a été décidé alors que les tensions entre Washington et Moscou sont montées d'un cran avec la fin annoncée du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI).
D'après le site web français "Opex360", spécialisé dans les questions militaires, l’US Air Force envoie six de ses bombardiers stratégiques B-52H Stratofortress, capables de porter des missiles de croisière et des bombes nucléaires, sur la base de la Royal Air Force (RAF) située dans le Gloucestershire, en Angleterre.
D'après le site MilRadar, spécialisé dans le suivi des déplacements des avions militaires, après avoir quitté la base aérienne de Barksdale, en Louisiane, deux bombardiers stratégiques américains B-52H Stratofortress ont atterri sur la base de la Royal Air Force (RAF) se trouvant dans le Gloucestershire, en Angleterre, rapporte le site MilRadar.
DRYER91 et DRYER92 sont les noms de codes des appareils américains capables de porter des missiles de croisière et des bombes nucléaires, a précisé MilRadar.
En outre, selon le site Military.com, pas moins de 6 appareils seront basés à Fairford. Et cela en fait donc le déploiement de B-52H le plus important depuis mars 2003, quand les ֤États-Unis et le Royaume-Uni s’apprêtaient à lancer l'intervention militaire en Irak.
Quoi qu’il en soit, et selon les données recueillies par le site russe PlaneRadar, l’un de ces B-52H envoyés en Europe, portant l’immatriculation 61-0009, a fait un détour par la mer Baltique, où il a mis le cap vers la frontière maritime de l’enclave russe de Kaliningrad. Puis, ayant gardé son transpondeur allumé, il fait un demi-tour pour ensuite se diriger vers les côtes britanniques, ce qui justifie d'ailleurs le déploiement, ce vendredi, d'un nouveau système de missiles antiaériens S-400 Triumph dans la région de Kaliningrad. Ce vol d'un B-52H à distance de tir de la base navale de Kaliningrad est probablement un message envoyé en réponse à un raid simulé de l'aviation russe contre une station radar installée sur l'île norvégienne de Vardo, l'an dernier.
Le 15 mars, un bombardier stratégique américain B-52H Stratofortress a effectué un vol le long de la frontière nord-ouest de la Russie, dans la région de la mer Baltique, d'après le ministère russe de la Défense. Il s'est approché de la frontière à 150 km tout au plus. Pour la deuxième fois cette semaine, un bombardier de l’US Air Force B-52H Stratofortress s’est approché de la frontière nord-ouest de la Russie, effectuant un vol au-dessus des eaux de la mer Baltique.
Le même jour, un avion de reconnaissance stratégique de l'US Air Force RC-135V, qui avait décollé depuis RAF Mildenhall, en Angleterre, a été repéré aux abords de la région de Kaliningrad, où il avait effectué un vol de plusieurs heures. L'avion de reconnaissance suédois Gulfstream 4 a également fait vendredi un vol au-dessus de la mer Baltique.
En 2017, la dernière fois qu'un B-52H de l'US Air Force avait été signalé opérant près des frontières russes au-dessus de la mer Baltique, un chasseur Su-27 des Forces de défense aérospatiales avait été forcé de l'intercepter et de l'escorter hors de la zone.
Les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN ont considérablement accru leur présence près des frontières russes depuis la crise ukrainienne de 2014, en effectuant un nombre croissant d'exercices dans la région et en augmentant le nombre de soldats déployés en permanence dans les pays baltes, la Pologne et la Roumanie. L'armée russe détecte et surveille régulièrement des avions espions américains et des drones de reconnaissance opérant près des frontières russes dans les mers Baltique et Noire, ainsi que près de la Syrie dans la mer Méditerranée.
Selon les chiffres du ministère russe de la Défense, le réseau de défense aérienne de la Russie a détecté et suivi plus d'un millier d'avions d'espionnage étrangers et d'UAV volant le long des frontières russes en 2018.