Dans ce numéro de Zoom Afrique :
L’actualité en Afrique :
Mali : le canadien Desert Gold veut fusionner avec Ashanti Gold
Ghana : les importations de poissons et de fruits de mer ont atteint 311 millions de dollars en 2018
Les analyses de la rédaction :
Depuis plusieurs mois déjà, nous constatons des agissements militaires très particuliers des puissances occidentales tout autour de la Côte d’Ivoire. Ces agissements concernent plutôt l’espace maritime du pays et ne peuvent pas être sans rapport avec ce qui se passe sur la scène politique ivoirienne. En tout cas, le vendredi 15 mars 2019, il y a eu un lancement : le lancement officiel des exercices pour la sécurisation du golfe de Guinée dénommés « Obangamé Express 2019 ». Le lancement a eu lieu jeudi à la base navale d’Abidjan. Du 18 février au 1er mars 2019, plus de 2000 militaires venus de 30 pays partenaires africains et occidentaux ont participé à Flintlock 2019, un exercice similaire. En appui au processus de Yaoundé, l’exercice Obangamé Express permet, nous dit le site Koaci.com, de développer l’interopérabilité entre les marines de différents États et d’entraîner les centres opérationnels et les unités navales à la résolution de cas réels en mer. En termes plus clairs, les marines des pays participants agiront désormais sous le commandement des États-Unis et des pays de l’OTAN. Quand on parle d’interopérabilité, cela veut dire également qu’il s’agit de se battre contre un ennemi commun dans le cadre d’une flotte qui dépasse celle de la Côte d’Ivoire.
Plusieurs scénarios réalistes seront mis en œuvre pendant les onze jours de manœuvres au large de tous les pays riverains du golfe de Guinée : lutte contre la pêche illicite et le narcotrafic, recherche et sauvetage en mer et pollution maritime.
Mais pour une mobilisation d’une si grande envergure, il serait étonnant que la force en exercice se contentât, dans un scénario de guerre réelle, d’accomplir les tâches précitées. Il s’agit vraisemblablement d’une préparation à une guerre à venir. En tout cas lors de cette cérémonie, le contre-amiral Nguessan Kouamé Célestin, chef d’état-major de la marine nationale, a remercié le chef de l’État pour ses engagements et son implication personnelle, ainsi que pour les initiatives de la Cote d’Ivoire afin de rendre le golfe de Guinée plus sûr et sécurisé.
« Je profite de cette tribune pour lancer un appel aux responsables des marines africaines pour que ce genre de rencontres de haut niveau avec nos partenaires internationaux soient plus fréquentes, pour évaluer d’une part les stratégies mises en place et, d’autre part, adopter les procédures les mieux adaptées pour atteindre nos objectifs » a déclaré le commandant de la marine ivoirienne.
Donc c’est à travers ce genre d’exercices que la Côte d’Ivoire veut affiner sa stratégie. Cette stratégie dépasse évidemment les frontières ivoiriennes et entre directement dans un cadre suprarégional…
Dans notre émission Zoom Afrique, à chaque fois que nous avons évoqué le Mali, nous n’avons pas cessé d’affirmer que les Maliens constituent un peuple uni, aussi bien les Touaregs que les autres ethnies. Près de sept ans d’opérations militaires françaises ne sont pas parvenus à provoquer le démembrement du Grand Mali, et ce, malgré toutes sortes de stratagèmes utilisés par la puissance d’occupation et ses alliés américains et de l’OTAN. Les récents propos tenus par l’ex-ambassadeur français au Mali, diffusés par l’organe de propagande française RFI, ont provoqué d’ailleurs une réaction très intéressante de l’un des membres du MNLA, ce groupe touareg sur lequel les Français avaient bien compté pour provoquer le démembrement du pays en 2013 sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Voici un article de RFI toujours, qui évoque cet événement d’une importance primordiale. L’article dit :
Le MNLA, groupe touareg qui fait partie de la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad signataire de l’accord de paix d’Alger de 2015, n’a pas vraiment apprécié les propos tenus, le jeudi 14 mars sur l’antenne de RFI, par un ancien ambassadeur de France. Alors qu’a dit l’ambassadeur ? Interrogé sur le rôle joué par la France au Mali, où il a été ambassadeur, Nicolas Normand pointait une « erreur » de la France, en parlant du soutien apporté par Paris aux ex-rebelles du MNLA. Eh bien, le porte-parole du MNLA a réagi.
Évoquant les groupes armés, Nicolas Normand avait souligné, le jeudi 14 mars, que pour les autorités françaises, « certains étaient perçus comme politiques et d’autres étaient perçus comme terroristes. Et l’armée française est allée rechercher ce groupe — c’était le MNLA à l’époque —, ces séparatistes touaregs d’une tribu particulière qui était minoritaire au sein même des Touaregs, c’est-à-dire les Ifoghas ».
Et l’ambassadeur d’ajouter : « Ce groupe, c’est-à-dire les Ifoghas, on est allé le chercher et on lui a donné la ville de Kidal. Et ensuite, ultérieurement, il y a eu les accords d’Alger, qui mettent sur une sorte de piédestal ces séparatistes, à égalité en quelque sorte avec l’État. Cela, c’est une erreur importante. » Quel ambassadeur ! Tout le monde sait que la France et les pays occidentaux ont inventé le prétexte des terroristes pour pouvoir intervenir au Mali. Leur objectif étant de diviser ce grand pays et de piller davantage et mieux les richesses. La France avait bien compté sur les Touaregs du nord pour pouvoir faire avancer ses desseins maléfiques…
À mesure que la Macronie s’aligne sur la ligne pro-américaine en Afrique francophone, les éditoriaux, les articles hostiles au président Paul Biya se multiplient. Il en est ainsi d’un article tiré du Monde où le président est accusé de tous les maux et menacé de renversement. Après avoir brossé un tableau peu reluisant de la personne de président qui règne depuis plus de 36 ans à la tête du Cameroun, l’article rappelle que le Cameroun est un pays charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Une zone qui, ces dernières décennies, a dû essuyer les tumultes de Boko Haram au Nigeria, de la République centrafricaine occupée par la France ou bien encore du Tchad, un Tchad qui selon le souhait de la France figure désormais à la tête de la force G5.
Plus loin, en accusant monsieur Paul Biya d’avoir fait du Cameroun un havre de stabilité seulement en apparence, Le Monde affirme que Français et Américains n’ont plus aucune raison de faire les louanges de Biya. La France est-elle sur le point de lâcher le président camerounais ?
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