Alors que les instigateurs de la Conférence de Varsovie prétendent qu’elle est axée sur la promotion de la paix, les allégations belliqueuses du Premier ministre israélien sur une guerre contre l’Iran ont déclenché une polémique.
Avant l'ouverture de la conférence, le 13 février, Benjamin Netanyahu interrogé par la télévision israélienne a décrit la réunion comme une étape importante dans la poursuite d'un « intérêt commun à faire progresser la guerre avec l'Iran ».
« Je vais à une réunion avec soixante ministres des Affaires étrangères, et des envoyés des pays du monde entier contre l'Iran. Ce qui est important dans cette réunion - et cette réunion n’est pas secrète, car il y en a beaucoup de semblables - c’est qu’il s’agit d’une réunion ouverte avec les représentants des principaux pays arabes, réunis en Israël pour promouvoir l’intérêt commun d'une guerre avec l'Iran » : voici la déclaration du Premier ministre sioniste publiée par le bureau de la presse du régime israélien.
Environ une heure plus tard, le bureau de Netanyahu a supprimé le mot « guerre » et a adouci le commentaire. La déclaration a été changée en « combattre l'Iran ». Ce changement a été expliqué comme étant la correction d’une erreur de traduction.
Pourquoi cette marche arrière ?
Si Netanyahu a été obligé de revenir sur sa décision, c'est parce qu'appeler à la guerre est une action erronée lors d'une conférence consacrée en principe au rétablissement de la paix au Moyen-Orient. C'est d'ailleurs ce à quoi fait allusion Zev Chafets, haut conseiller de l’ancien Premier ministre israélien, Menachem Begin lorsqu'il s’exprime à l'antenne de Bloomberg. « Netanyahu est souvent un orateur prudent, surtout devant les caméras. Ses propos belliqueux tenus en hébreu sur l’Iran font partie des campagnes électorales de son Parti, Likoud. »
Selon cet analyste politique israélien, Trump est un allié peu fiable et imprévisible et Netanyahu se méfie des promesses de Washington, mais aussi de celles de certains pays arabes qui se disent prêts à soutenir Israël dans une éventuelle guerre contre l’Iran mais qui risque de finir par tomber enfin d'accord avec les Iraniens. Netanyahu est également conscient des lacunes militaires pour entrer en guerre contre l'Iran.
Netanyahu ne peut pas non plus se fonder sur les promesses de ses alliés arabes qui, sous pression de l'opinion publique, pourraient très bien finir par s’entendre avec l’Iran.
Les précédents gouvernements américains ont toujours essayé de tenir le régime israélien à l'écart d'une confrontation militaire avec l'Iran, parce qu'ils ne voulaient pas que les États-Unis entrent dans une guerre d’envergure sans fin pour protéger leur principal allié au Moyen-Orient.
Cependant, l'approche de Washington a changé après l’accession de Trump au pouvoir et les autorités américaines ont encouragé Netanyahu et les autres dirigeants du régime de Tel-Aviv à entrer dans une guerre avec l'Iran, une guerre sans le soutien US!
Donald Trump se trompe en croyant Israël capable de remporter une guerre qui ferait tomber le gouvernement à Téhéran, estime cet analyste israélien selon qui les forces israéliennes manquent de moyens et de volonté pour entrer dans une telle guerre.
Communément Netanyahu n’est pas favorable à l'idée d'une guerre avec l’Iran et c'est justement ce qui l'a amené à revenir sur son faux pas à la Conférence Varsovie et ce tweet enflammé qu'il a tenu à supprimer, a précisé Chafets avant de conclure que si le Premier ministre israélien à d'autres ambitions en tête, il faudrait qu'il soit plus prudent, à l'avenir, pour ne pas entraîner Israël et ses alliés dans une mésaventure qu’il ne pourra plus reprocher à ses traducteurs.
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