Essayant de minimiser l’implication des États-Unis dans le massacre des civils yéménites, le secrétaire américain à la Défense James Mattis a réclamé la fin des hostilités et l’établissement d’une trêve au Yémen en l’espace de 30 jours.
Alors qu’il défendait jusqu’ici corps et âme son allié saoudien, le secrétaire US à la Défense a ostensiblement haussé le ton mardi. « Les frappes aériennes de la coalition doivent cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen. Cependant, il ne faut pas oublier que nous soutenons encore sur le plan logistique la coalition saoudienne et que nous leur fournissons des renseignements précis, mais toutes les parties impliquées dans cette guerre doivent coopérer les unes avec les autres pour accéder à une solution à long terme qui mènera à la fin du conflit », a-t-il dit.
De son côté, la Première ministre britannique Theresa May a soutenu, à la Chambre des communes, les appels « suspects » des dirigeants américains à la désescalade au Yémen. Sans aucune allusion au massacre du peuple opprimé yéménite par le biais des armements américains et britanniques, tout au long de ces trois ans et demi de guerre, elle a prétendu que Londres soutiendrait l’appel américain à la désescalade au Yémen.
Mais cet appel à mettre fin à la guerre n’est, pour le moment, qu’un effet de manche politico-médiatique. Il n’a pour le moment été suivi d’aucune action diplomatique, comme la présentation d’un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. De plus, aucun acte concret n’a encore accompagné les déclarations d’intention.
André Chamy, juriste international, et Philipe Hugon, reporter de guerre, s’expriment sur le sujet.