Après le crash de l’avion russe II-20, indirectement provoqué par des frappes de l’aviation israélienne à Lattaquié, la Russie a décidé d’effectuer la livraison du système de défense antimissile S-300 à la Syrie, qui avait été suspendue en 2013 suite à la demande d’Israël.
Selon l’analyste politique syrien Ghassan Kadi, en livrant des systèmes S-300 à la Syrie, la Russie montre à ses partenaires occidentaux et à Israël que le temps est venu d’arrêter de violer les accords visant à préserver l’équilibre dans la région. Or Israël ne semble pas l'entendre de cette oreille. Jeudi 10 octobre, Netanyahu menaçait encore de frapper les batteries de S-300 à coup de ses F-35. Israël possède en effet plusieurs F-35. Il prétend avoir déjà utilisé ces avions furtifs en Syrie pour prendre pour cible les supposés transferts d’armes iraniennes au Hezbollah libanais.
Mais les F-35 seront-ils abattre les S-300?
Aucun pays occidental ne connaît l’aptitude et le potentiel réels de la DCA syrienne, à partir du moment où elle est renforcée et intégrée dans les réseaux russes. Mais une chose est sûre : les USA ne sont pas sûres de leur avion 5eme génération.
Pour les États-Unis, il y a deux scénarios à éviter dans les semaines à venir: le premier est l’implication directe dans le conflit avec la Russie, ce qui de moins en moins pensable et réalisable. Le second, beaucoup plus préoccupant pour les planificateurs militaires, est la possibilité que les capacités et les secrets du F-35 soient compromis ou même que la preuve de son infériorité soit démontrée face à un système de DCA vieux de près d’un demi-siècle. Cette considération concerne aussi les F-22 US largement utilisés pour bombarder les villages syriens à Deir ez-Zor, dont l'espace aérien n'est protégé par aucune DCA. Des informations font aussi état d'une chose : l'armée russe a montré à plusieurs reprises des témoignages radar révélant sans équivoque que dès que des Su-35 russes sont dans le ciel à proximité de F-22, l’armée de l’air américaine évite tout affrontement et retire rapidement ses atouts de cinquième génération.
En ce sens, tout recours du régime de Tel-Aviv au F-35 pour viser les S-300 est un défi lancé aux Etats-Unis. L'ego d'Israël et son incapacité à changer le cours des événements en Syrie ainsi que la perte de sa capacité à survoler le Moyen-Orient en toute impunité à cause de la DCA syrienne, tous ces facteurs combinés pourraient pousser Tel-Aviv à faire appel au F-35. A Washington, on est inquiet : la perspective d'une défaite du F-35 face aux S-300 donne déjà la sueur froide aux armuriers yankees.
Que faire ? anticiper l'événement. Jeudi, 11 octobre les F-35 US ont été cloués au sol sur l'ordre du Pentagone pour cause d'avanies techniques. Vendredi, cette décision a touché les F-35 britanniques. Les analystes y ont vu une manière d'anticiper tout recours fol d'Israël au F-35 alors que le conflit en Syrie prend une vraie mauvaise tournure pour les perdants qui se mettent désormais à s'entre-déchirer.