Ces derniers jours, la police française a mis en place un mécanisme de répression extrême contre les protestations sociales, notamment dans la ville de Nantes.
L’affaire Aboubakar embrase Nantes et pourrait bien raviver des tensions déjà exacerbées autour de la question des violences policières.
L’événement déclencheur s’est produit le mardi 3 juillet au soir lors d’un contrôle de police à Nantes. La police avait demandé à un jeune conducteur de s’arrêter et de descendre de sa voiture. Faisant semblant de sortir du véhicule, le jeune a tenté d’agresser l’officier de police. Un autre agent n’a pas tardé à réagir et a tiré sur le conducteur, qui a succombé à ses blessures avant d’arriver à l’hôpital.
Selon RT, les trois nuits de violences urbaines ont causé de nombreux dégâts à Nantes et plusieurs dizaines de voitures sont parties en fumée, ainsi qu’une dizaine de commerces et sept bâtiments publics, dont une bibliothèque. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, le Premier ministre Édouard Philippe ainsi que le maire de Nantes ont appelé au calme, mais en vain pour le moment. Même la marche blanche organisée dans le quartier du Breil le 5 juillet a été suivie de violences dans la nuit.
La tension, très vive dans les quartiers sensibles de Nantes, ne semble pas vouloir s’apaiser, d’autant que le fait que le policier ayant tiré sur le jeune Aboubakar ait changé sa version pourrait accroître la colère de ceux qui dénoncent d’ores et déjà un nouveau cas de violence policière. Plusieurs épisodes de ce genre ont en effet donné lieu dans le passé à des flambées de violences similaires dans les banlieues françaises — des émeutes qui finissent par s’auto-alimenter, indépendamment des suites de l’enquête initiale.
L’affaire Théo en reste l’exemple récent le plus éloquent, tant par la violence des émeutes qui avaient suivi en février 2017 que par l’agitation médiatique autour de l’enquête. Alors que l’intentionnalité de l’acte du policier n’a toujours pas été officiellement établie par la justice, de nombreux militants continuent de brandir cet incident pour dénoncer le recours excessif à la force des forces de l’ordre.