Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a estimé que l’Iran avait isolé les États-Unis sur trois fronts.
Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, Seyyed Abbas Araqtchi a déclaré samedi soir que depuis plus d’un an, l’Iran fait l’objet de vastes tentatives de Trump visant à démanteler l’accord sur le nucléaire iranien, mais que toutes ses tentatives sont tomées à l’eau.
« La dernière menace anti-iranienne de Donald Trump n’a pas été chose nouvelle. Deux mois auparavant, lorsqu’il a chargé le Congrès de s’occuper de l’accord nucléaire, il a menacé que si celui-ci n’arrive pas à le démanteler, lui-même annoncera son démantèlement, mais il ne l’a pas fait », a-t-il ajouté.
En allusion à la bataille diplomatique de cette dernière année où l’Iran est parvenu à éloigner l’Europe et l’Asie des États-Unis, M. Araqtchi a affirmé : « Lorsqu’en octobre dernier, Trump a tenu des propos virulents contre le Plan global d’action conjoint (PGAC) et en a confié la charge au Congrès, avant M. Rohani, Madame Mogherini a pris la parole et défendu le PGAC. Ceci est dû aux bases solides de l’accord nucléaire. L’Europe n’avait jamais pris une position si ferme et explicite face aux États-Unis. »
En ce qui concerne le deuxième signe d’isolement de Washington, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’après les récentes manifestations émaillées de violences en Iran, l’ambassadrice américaine à l’ONU a convoqué une réunion du Conseil de sécurité pour condamner l’Iran. Mais la réunion a débouché sur la condamnation des États-Unis et le soutien à l’accord nucléaire.
S’agissant de la troisième manœuvre diplomatique de l’Iran, il faut mentionner la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne avec Madame Frederica Mogherini, à l'issue de laquelle ils ont tous soutenu l’accord sur le nucléaire iranien, a rappelé Araqtchi.
Quant aux tentatives franco-américaines visant à faire un lien entre le PGAC et le programme balistique de l’Iran, le diplomate iranien a indiqué : « Le PGAC traite seulement l’un des sujets opposant l’Iran à l’Europe et les USA et cela ne signifie pas que toutes les autres inquiétudes ont été dissipées. Nous avons de grandes divergences de vue avec les Européens là-dessus. »
En ce qui concerne les sanctions imposées à 14 individus et entités iraniens, M. Araqtchi a déclaré : « Les États-Unis signent à chaque fois la suspension des sanctions visant les banques et le pétrole iranien, mais sous divers prétextes, ils imposent des sanctions à certains individus, ce qui va à rebours du droit international. Sur la liste des individus sanctionnés, figure le chef du pouvoir judiciaire, une décision sans précédent ! Washington cherche en effet à compenser ses échecs. »