TV

Israël n’est plus une puissance aérienne

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Missile S-200. (Photo d’archives)

Il a fallu trois ans à l’armée syrienne pour qu’elle puisse remettre en état ses unités de défense aérienne, premières cibles des terroristes takfiristes qui, aussitôt après le début de la guerre en 2011, s’en sont pris aux principaux sites situés dans le Sud syrien.

Orientés par les services secrets israéliens, les terroristes ont détruit ces unités avant de les dépecer et en remettre les pièces aux services de renseignement israéliens. L’un de ses sites, le plus important sans doute, situé près des frontières israéliennes, se trouvait quelque part entre Deraa et Quneitra, au sud de la Syrie. Les attaques terroristes contre le site de Tal al-Hara ainsi que contre la tour de surveillance de Saidnaya ou encore contre le centre de commandement aérien situé entre Jermana et al-Maliha ont largement miné la défense aérienne syrienne. Mais cette époque est déjà révolue et les récents ratés de l’aviation israélienne en apportent la preuve. L’analyste libanais Omar Maarabouni y revient dans un article repris par le site de la chaîne de télévision al-Mayadeen. 

L’auteur évoque la libération de Saidnaya et de Marj al-Sultan par l’armée syrienne et ses alliés, libération qui a permis à la DCA syrienne de reprendre du poil de la bête, « de se chercher des sites de surveillance et des radars nouveaux », de remettre en état des batteries de défense endommagées. L’une des conséquences de cette remise en état aura été l’abattage par la DCA syrienne, il y a presque un an et demi, d’un avion de combat israélien au-dessus du Golan. Les Israéliens ont été pris de panique, mais ils n’en étaient pas à leur dernière surprise. Il y a deux mois, un F-35 israélien a été pris pour cible par un S-200 syrien optimisé, batterie de missiles de fabrication russe sur laquelle la Russie a d’ailleurs fondé sa défense antimissile.

Ces deux événements ont secoué l’état-major de l’armée israélienne : le crash du F-16 israélien au Golan, dans une zone frontalière entre la Syrie, la Jordanie et Israël a poussé ce dernier à changer de tactique sans toutefois aller jusqu’à innover : l’armée de l’air israélienne a déterré sa tactique des années 80 quand elle frappait les batteries de missiles Sam-6 de la Syrie depuis le ciel libanais.

Le crash du F-35 fut le second choc, contraignant Israël à changer une deuxième fois de tactique et à augmenter l’altitude de vol de ses avions de chasse qui, avant cet incident, survolaient le Liban à une très basse altitude pour distraire les radars syriens. 

Israël a-t-il pour autant réussi à retrouver sa pleine capacité de frappe aérienne en Syrie, pays qui commence à voir le bout du tunnel ? 

Rien n’est moins sûr. Par malheur pour Tel-Aviv, les deux dernières frappes aériennes israéliennes contre la banlieue de Damas (al-Kiswa et Jamariya) ont révélé une autre capacité retrouvée de la DCA syrienne : les batteries de missiles de la Syrie ont réussi à intercepter pas moins de six missiles de croisière sophistiqués d’Israël : Ariha-1 et LORA. 

Au QG de l’armée israélienne règne la confusion la plus totale : l’heure est au bilan, à la révision, et surtout à se demander : que faire ? 

Force est de constater qu’Israël est en train de chercher une solution. Dans les années 70, Israël a fait la même chose : il multipliait les attaques limitées et sporadiques pour savoir comment détruire la flotte syrienne. Mais l’enjeu n’est pas le même. La flotte syrienne des années 70 n’a rien de la DCA que possède actuellement l’armée syrienne. L’aviation israélienne aura du mal à s’engager dans de vastes combats aériens vu la dispersion des unités de la DCA syriennes à travers toute la Syrie et surtout la nette amélioration de la qualité des systèmes d’interception. Les S-200 ou les Sam-5, avec une portée de 150 kilomètres près d’al-Zamir et de Homs, couvrent la quasi-totalité du ciel syrien. Mais il y a aussi les BUK-M2, d’une portée de 50 kilomètres, ou encore les PANTSIR-S1, qui disposent eux aussi d’une portée identique. Ce sont là des batteries capables d’intercepter les missiles de croisière israéliens. La Russie a-t-elle définitivement nui aux intérêts d’Israël ? 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV