Alors que les États-Unis maintiennent désormais une forte présence militaire au détroit de Bab el-Mandeb via le déploiement de leurs forces au Yémen, la Chine a mené, mardi 26 septembre, des exercices militaires inédits à Djibouti. Il n'est pas question pour Pékin de permettre aux Américains de le faire chanter en bloquant le détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
La Chine a d'ailleurs inauguré cet été sa première base à l’étranger. Une étape historique dans le renforcement de la présence armée chinoise à l’extérieur de ses frontières.
Des blindés roulant dans le désert, des groupes de soldats en tenue de camouflage tirant avec des armes automatiques au milieu d’un paysage lunaire et de gros canons pointés vers l’horizon, bref, la télévision chinoise CCTV n’a pas manqué de médiatiser les premiers exercices militaires de l’armée chinoise réalisés ces derniers jours à Djibouti.
« C’est la première fois que des officiers et soldats stationnés à Djibouti quittent leur camp pour mener des exercices à tir réel », a déclaré le commandant de la base, Liang Yang, dans un reportage diffusé sur la chaîne, sans que les dates de ces exercices ne soient mentionnées.
La Chine a inauguré début août à Djibouti sa première base à l’étranger. Selon Pékin, elle est notamment destinée à soutenir les opérations de maintien de la paix de l’ONU, d’évacuation de ses ressortissants et d’escorte navale.
De quoi Pékin a peur?
Djibouti est situé sur le détroit de Bab-el-Mandeb, un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde qui contrôle l’accès à la mer Rouge. En raison de cette situation géographique, le pays compte déjà des bases militaires françaises, américaines et japonaises. Autant de pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec la Chine. En juin, le département américain de la Défense avait ainsi estimé dans un rapport que cette base chinoise « reflète et amplifie l’influence croissante de la Chine, qui augmente la portée de ses forces armées ».
Mais Pékin a raison de vouloir étendre son influence alors que la guerre américano-saoudienne au Yémen se poursuit en partie en raison des velléités dominatrices des Américains en mer Rouge et surtout sur le détroit de Bab el-Mandeb. On estime que 20 000 navires transitent chaque année dans la région, soit 12 % du trafic maritime mondiale et 30% de l’approvisionnement en pétrole de la planète.