Certaines autorités américaines ont déclaré qu'étant donné la percée de l'armée syrienne dans la lutte contre le terrorisme, si Alep venait à tomber, cela sonnerait le glas de la guerre et surtout des rebelles.
Selon Daily Beast qui a publié un rapport intitulé "Fin de partie pour les ennemis d'Assad?" (Is This Game Over For Assad’s Enemies?), si Alep tombait, la guerre tournerait rapidement en faveur du Président Bachar al-Assad et ce serait la fin de la guerre pour les anti-Assad . "Des officiers militaires américains qui ont souhaité garder l'anonymat ont déclaré à Daily Beast que Assad pouvait encore s'approprier le plus grand acquis de la longue guerre civile dans son pays d'ici quelques semaines, à condition qu'il reprenne le contrôle de la cité d'Alep assiégée par les forces rebelles". "Si les forces gouvernementales arrivent à prendre le contrôle de la ville d'Alep et des provinces environnantes, la guerre sera terminée", a affirmé l'un des officiers.
Suite aux centaines de frappes aériennes de la Russie destinées à appuyer l'armée syrienne, Alep se vide progressivement de tous ces habitants. Depuis les deux derniers jours, plus de 40 000 habitants ont opté pour l'exode rural et ont fui vers la frontière turque. Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a précisé vendredi que 15 000 Syriens se trouvaient à la frontière avec la Turquie. La ville d’Alep, dont l’ouest est contrôlé par le régime et l’est par les rebelles depuis plus de trois ans, est la cible depuis lundi d’une vaste offensive de l'armée et d’intenses bombardements de l’aviation de Moscou, son principal allié. La question qui se pose à présent est la suivante : comment se fait-il que les terroristes ont pu garder le contrôle de cette ville aussi longtemps ? La guerre en Syrie dure depuis 5 ans et a causé plus de 250 000 morts. D'après les prévisions, le groupe qui sera capable de prendre Alep sortira victorieux de cette guerre. L'institut des Etudes sur la guerre à Washington a rapporté vendredi dernier que le siège total d'Alep par les forces pro-gouvernementales entraînerait une tragédie humaine, saperait le moral de l'opposition, mettrait fondamentalement en cause les ambitions stratégiques turques et priverait l'opposition de sa monnaie d'échange la plus précieuse.
Les pourparlers de paix de Genève initiés par l'ONU ont débouché à une impasse, mettant ainsi la sécurité de la cité d'Alep en péril. Les forces progouvernementales syriennes ont coupé la principale route d'approvisionnement des insurgés syriens au nord-ouest de la ville et contraint les membres du front al-Ansar et d'Al-Qaïda à fuir. Nombre de combattants sont restés dans la région pour continuer leur lutte contre l'armée syrienne au péril de leur vie. Cette dernière espère que la chute d'Alep sonnera le glas des insurgés rebelles qui visent le renversement de la souveraineté d'Assad.
Mais il semblerait que les Etats-Unis n'aient dressé aucun plan pour venir en aide à l'opposition syrienne et à ceux qui avaient soutenu la lutte armée contre l'avancée de l'armée syrienne. Quoi qu'il en soit, les autorités américaines réprimandent toujours la Russie pour le soutien qu'elle apporte à Assad. Elles prétendent que la coalition internationale dirigée par l'establishment américain poursuit un objectif, celui d'éradiquer le groupe terroriste Daech. A l'annonce de la chute progressive d'Alep, l'Arabie saoudite, alliée de la coalition, a annoncé jeudi dernier l'envoi de 50 forces spéciales en Syrie en début de semaine, forces qui iraient renforcer celles déjà sur place contre Daech. "Nous avons constaté qu'Alep est encore sous haute tension", a affirmé le porte-parole du Commandement central des Etats-Unis, Patrick Ryder. Toujours selon le rapport du Daily Beast, les autorités américaines ont fait leurs propres prévisions secrètes sur la durée qu'il reste aux forces rebelles pour résister. Bien qu'elles ne détiennent que des informations limitées sur un champ de bataille des plus fluides, elles en concluent que la chute d'Alep pourrait avoir lieu dans quelques semaines. Certains craignent que cela pourrait être seulement une question de quelques jours.
"Les bombardements intenses de Moscou contre les positions des rebelles, font avancer les forces d'Assad vers Alep et concrétisent leur victoire. Il est devenu évident qu'environ 4 mois après les frappes aériennes de la Russie et son soutien aux forces pro-gouvernementales, les forces de l'opposition syrienne basées à l'ouest du pays ont subi de sérieux ravages ", a déclaré un des officiers américains.
La chute d'Alep ne signifie pas la fin de la guerre en Syrie mais pourrait changer la donne en faveur du gouvernement d'Assad et maintenir sur le champ les deux acteurs essentiels de cette guerre, c'est-à-dire Assad et Daech. Certains officiers américains ont exprimé l'espoir que l'avancée des forces de l'armée syrienne vers Alep ne présagerait pas la chute de cette ville. Ils ont souligné le fait qu'avec le soutien de l'aviation russe, les forces pro-gouvernementales comptaient préserver le contrôle des villes qu'ils avaient récupérées. Alep, qui fut d'antan la plus grande ville de Syrie, est dorénavant devenue le siège de presque tous les groupes insurgés rebelles et deviendra le grand défi de l'armée syrienne.
"Avant le début de la guerre, Alep était la plus grande ville de la Syrie. A présent, sa reconquête totale nécessitera un investissement colossal de la part d'Assad et de ses alliés, a expliqué un des officiers américains. Les frappes aériennes ne suffisent plus, il nous faudrait des forces terrestres".
Alors que certains pensent que la chute d'Alep résulterait de l'échec de la stratégie américaine, "les Russes comprennent la guerre. Les Américains savent gérer les conflits pour en extraire des résultats négatifs. Ce sont leur approche qui détermine les principaux acteurs. Les Etats-Unis sont faibles et ne font plus le poids, alors que l'Iran et la Russie sont des alliés dignes de confiance," a déclaré un officier informé de la campagne militaire des Etats-Unis à Daily Beast.