L’Iran a rejeté les accusations d’antisémitisme proférées par des pays européens. Les menaces contre la République islamique d’Iran et son programme nucléaire ne feront que renforcer la détermination du pays à moderniser ses infrastructures nationales pour se défendre contre ses ennemis, a affirmé Esmaïl Baghaï.
Lors de son point de presse hebdomadaire ce lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que « non seulement les menaces américaines n’affaibliront pas la volonté de l’Iran, mais elles renforceront la détermination du pays à consolider ses capacités de défense et à se protéger ».
Il a dénoncé l’inaction des instances internationales face aux menaces directes : « Il est profondément regrettable que les Nations Unies, le Conseil de sécurité et le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soient restés silencieux face aux menaces directes et aux violations flagrantes qui ciblent les fondements de la paix et les principes de la Charte des Nations Unies. »
Évoquant les conséquences de la normalisation des menaces militaires nucléaires, il a averti que les États-Unis représentaient sans aucun doute la plus grande menace pour le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
« Proférer des menaces explicites ou implicites contre les installations nucléaires d’un pays et faire allusion à l’utilisation d’armes spécifiques peut inciter d’autres pays à violer les traités internationaux fondamentaux. »
Il a fait remarquer que Washington créait un précédent international destructeur « dont la conséquence inévitable sera l’effondrement de la stabilité et la mise en péril de la paix et de la sécurité collectives de tous les pays ».
L’antisémitisme est un phénomène enraciné en Europe, et non une composante de la culture iranienne
En réaction aux accusations proférées par plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Australie, concernant le rôle présumé de l’Iran dans des activités antisémites, Esmaïl Baghaï a indiqué que « l’antisémitisme ne s’applique pas à l’Iran et aux Iraniens, car ce phénomène a des racines européennes et n’a aucun lien avec la religion, la culture et la civilisation iraniennes ».
L’antisémitisme est une « question purement historique et européenne » qui est en total contradiction avec la religion, les croyances, la culture ou le mode de vie en Iran.
Il a déploré que certains pays et médias occidentaux fabriquent des étiquettes « sans fondement et stéréotypées » en accordant peu d’attention aux réalités objectives et historiques du terrain.
La vague de colère qui déferle actuellement sur l’Europe est liée aux crimes et au génocide commis par Israël, un régime qui cherche de manière trompeuse à faire passer ses crimes pour « commis au nom du judaïsme ».
« Au lieu de porter des accusations infondées contre l’Iran, les États européens feraient mieux de se ressaisir et de trouver les racines de la violence dans leurs propres politiques et structures », a-t-il estimé.
L’Iran ne tolérera pas l’utilisation du territoire de ses voisins pour des frappes
Pour Esmaïl Baghaï, « l’Iran ne restera jamais silencieux et ne se privera pas d’une riposte dissuasive si le territoire de ses pays voisins est utilisé pour violer directement sa souveraineté nationale, son intégrité territoriale et la sécurité interne ».
Certains pays de la région n’ont pas empêché les États-Unis à utiliser leur territoire, leur espace aérien et leurs infrastructures pour mener des frappes contre l’Iran. Ils ont aussi, dans certains cas, encouragé et facilité ces attaques.
Téhéran les a exhortés à changer de vision et à compenser les erreurs du passé par souci de prudence. « La République islamique d’Iran a déclaré à maintes reprises et avec sincérité qu’elle n’éprouve aucune hostilité ni animosité envers aucun pays de la région. Nous sommes fermement convaincus que la sécurité et la stabilité durables ne seront possibles que par la coopération intrarégionale et le renforcement de la confiance, sans ingérence étrangère », a rappelé M. Baghaï.
La demande et l’attente « pleinement raisonnables, légitimes et inébranlables » de l’Iran est que les pays de la région ne permettent jamais que leur territoire, leur espace aérien ou leurs installations soient utilisés comme plateforme d’agression ou de complots contre leur principal voisin historique.
Pour l’Iran, la seule véritable initiative sur la table des négociations est la proposition de Téhéran. L’Iran a reçu les points de vue de l’autre partie par l’intermédiaire de médiateurs et des considérations ont été échangées entre les deux parties.
« Cette proposition reste d’actualité, et la balle est entièrement dans le camp des États-Unis », a noté M. Baghaï ajoutant que la décision de répondre à une récente lettre du vice-président américain JD Vance au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général de division Mohsen Rezaï, revenait au chef du Conseil, qui était le destinataire de la lettre.
« Toutefois, je tiens à souligner que cette lettre ne propose aucune nouvelle initiative et que le fondement de tout engagement indirect par le biais de médiateurs reste le plan en sept étapes de la République islamique d’Iran », a-t-il réaffirmé.
Le mot « capitulation » n’a pas sa place dans le lexique de la nation iranienne
En outre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté les propos de responsables américains selon lesquels les Iraniens seraient bientôt contraints de capituler.
« Que signifie ce genre de langage ? Le concept de capitulation n’a pas sa place dans le vocabulaire iranien », a-t-il expliqué. « L’Iran n’a pas été et ne sera pas trompé, car ce n’est pas sa première expérience avec des responsables américains. »
Téhéran juge Washington sur ses actions concrètes plutôt que sur sa rhétorique. Même si l’Iran surveille divers points de vue et diverses voix, les actions du gouvernement américain restent le facteur décisif.
« Les positions contradictoires et le double discours témoignent avant tout d’une profonde confusion au sein de leur propre structure de gouvernance », a-t-il dit.
Mise en garde contre une banalisation « très dangereuse » des crimes du régime israélien
Selon Téhéran, le génocide et l’occupation continus demeurent les causes profondes de l’insécurité et de l’instabilité dans la région.
Le ministère a fustigé l’inaction des pays européens et de la communauté internationale face à l’escalade des crimes commis par le régime d’Israël contre les populations de Gaza et du Liban après les récentes élections.
« Nous sommes confrontés à un phénomène extrêmement dangereux : la normalisation du crime et du meurtre… Chaque vie [palestinienne] perdue représente la destruction d’une vie humaine », a déclaré M. Baghaï.
Les Nations Unies et les instances régionales et internationales, en particulier l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont la responsabilité de dénoncer les crimes du régime israélien. Il a noté que des responsables israéliens étaient visés par des mandats d’arrêt, tandis que la Cour pénale internationale (CPI) subissait d’intenses pressions de la part des États-Unis simplement parce qu’elle avait cherché à poursuivre les personnes accusées d’avoir commis des crimes conformément à son statut fondateur.