Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé la proposition d’un quotidien israélien d'utiliser l'effacement des dettes comme incitation pour encourager de jeunes Américains à s’enrôler en vue d'une éventuelle guerre terrestre contre l’Iran.
« Américains, posez-vous une seule question : pourquoi vos fils et vos filles devraient-ils se voir proposer l’effacement de leurs dettes en échange de leur participation à une guerre qu’Israël veut poursuivre et étendre, au risque d’y combattre et d’y mourir ? », a écrit vendredi Esmaïl Baghaï dans une publication sur X, après que cette idée a été avancée dans un article du Jerusalem Post.
L’article, signé par AJ Jaff, ancien officier des forces armées canadiennes et analyste en sécurité, et publié par le quotidien le 30 août, examine les moyens possibles de renforcer les effectifs militaires américains en vue d’une telle guerre et propose notamment la mise en place d’un programme fédéral d’effacement des dettes.
Jaff a écrit qu’une guerre terrestre contre l’Iran nécessiterait des effectifs américains nettement supérieurs à ceux de l’armée d’active actuelle. Il a ensuite proposé un dispositif d’allègement de la dette comme alternative à la conscription.
« Au regard de l’histoire américaine, il existe toutefois une voie à suivre. Non pas la conscription ou l’enrôlement obligatoire au sens où on l’entendait à l’époque des guerres mondiales, mais l’engagement dans le cadre d’un “programme d’effacement des dettes”. »
Jaff a précisément proposé un programme administré au niveau fédéral, dans le cadre duquel les prêts étudiants, les soldes de cartes de crédit et autres emprunts seraient effacés après 24 ou 36 mois de déploiement, parallèlement à une extension des prestations prévues par le GI Bill. Cette loi prévoit des aides à l’éducation et à la formation destinées aux anciens combattants, aux militaires et aux membres de leur famille qui remplissent les conditions requises.
« Il ne s’agit pas d’une hypothèse théorique », a écrit Jaff. « La situation économique des Américains endettés âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années en fait le moyen de conversion le plus efficace dont disposent » le département de la Guerre des États-Unis et l’administration Trump, a-t-il ajouté.
M. Baghaï a toutefois souligné que cette idée revenait à jouer avec la vie des Américains ordinaires.
« Votre vie. Vos impôts. La guerre de quelqu’un d’autre », a-t-il écrit.
« Ne laissez personne faire de vous de la chair à canon — et vous faire payer la facture — d’une guerre que vous n’avez jamais choisie », a poursuivi le diplomate. « Ne laissez personne transformer vos enfants en mercenaires au service de leur “guerre de choix”, illégale. »