Une analyse indépendante de vidéos et d'images prises sur les lieux d'une frappe aérienne américaine visant une fête de mariage dans le sud de l'Iran a conclu que l'explosion était probablement due à un tir direct d'une munition américaine et non à un ricochet sur une autre cible ou à l'interception d'un projectile par les forces iraniennes, selon un rapport publié jeudi 3 septembre par Reuters.
Cette découverte intervient alors que le vice-président américain, JD Vance, a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le massacre perpétré mardi soir à Kouhestak, dans le comté de Sirik, dans la province du Hormozgan, que les autorités iraniennes ont dénoncé comme un crime de guerre manifeste.
Les médias iraniens ont annoncé jeudi le nouveau bilan de cette attaque criminelle, après qu'une jeune femme de 22 ans a succombé à ses blessures à l'hôpital: cinq morts et environ 70 blessés. Parmi les martyrs figurent deux enfants : Amir-Mohammad Karimi, âgé de quatre ans, et Mohammad Malahi, âgé de seize ans.
« Si c’était un site militaire, ce ne serait pas aussi douloureux. C’était une cérémonie de mariage, mais ils ont transformé la joie des gens en deuil », a déclaré un habitant du quartier à l’agence de presse iranienne Tasnim.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a qualifié la frappe américaine de « crime de guerre » et l'a opposé à l'attachement de la République islamique d’Iran aux principes moraux et humanitaires, même dans les circonstances les plus pénibles d'une agression non provoquée.
Les États-Unis prétendent qu’ils « ne ciblent jamais les civils »; le vice-président américain JD Vance a, même, annoncé l’ouverture d’une enquête sur les « erreurs » de ce massacre car « lorsque nos militaires commettent des erreurs, ils en tirent des leçons ».
Or, les experts en armement qui ont examiné les images authentifiées par Reuters ont déclaré que la configuration des dégâts correspondait à un impact direct d'une munition de précision américaine.
Cette attaque s'inscrivait dans une vague d'attaques américaines contre la côte sud de l'Iran, près du détroit d'Ormuz. Téhéran a riposté par des opérations de représailles fermes contre les bases militaires américaines dans la région, utilisées pour lancer des agressions sur le territoire iranien.
Le massacre de Sirik s’inscrit dans un schéma américain bien documenté visant à transformer les célébrations en funérailles.
Les forces américaines avaient déjà bombardé des cortèges de mariage en Afghanistan, tuant des dizaines de civils, dont des mariées, des enfants et des familles entières, en toute impunité.
Six mois auparavant, une frappe américaine avait détruit une école primaire à Minab, faisant plus de 160 victimes parmi les écoliers et les enseignants. Une enquête interne américaine avait également mis en cause la responsabilité des États-Unis dans cette affaire, bien que le Pentagone n'ait jamais publié ses conclusions.
Le Croissant-Rouge iranien a saisi la Cour pénale internationale concernant l'attaque de Sirik, invoquant le caractère civil du lieu et la présence de familles à un mariage.
Les autorités iraniennes ont promis que de tels crimes ne resteraient pas impunis et que les États-Unis seraient tenus responsables de leurs attaques systématiques contre les civils.
Dans un message adressé jeudi aux familles des victimes, le commandant du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), Ahmad Vahidi, a déclaré que le sang versé des martyrs à Kouhestak « ne restera jamais impuni » et que les auteurs de de ce crime odieux finiront par rendre des comptes.
Il a déclaré que le Corps des gardiens de la Révolution islamique et les forces armées iraniennes continueraient d’honorer la mémoire des martyrs des deuxième et troisième guerres imposées par les États-Unis et les sionistes, en particulier lors de la bataille d’Ormuz.