TV

Trump poursuit l’escalade avec le Canada et signe un décret pour renommer le lac Ontario en «lac d’Amérique»

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président américain Donald Trump présente un décret qu'il a signé visant à rebaptiser le lac Ontario en lac d'Amérique, le 27 août 2026. ©AFP

En pleine escalade des tensions commerciales entre Washington et Ottawa, le président américain Donald Trump a signé un décret visant à rebaptiser, aux États-Unis, le lac Ontario en « lac d’Amérique », provoquant une vive réaction du Premier ministre canadien Mark Carney, qui a immédiatement rejeté cette nouvelle appellation, martelant que le lac Ontario s’appelait ainsi « aujourd’hui et pour toujours ».

« Nous savons que les États-Unis sont en train de changer. Leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes », mais « les Canadiennes et les Canadiens savent aussi qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme lac Ontario — aujourd’hui et pour toujours », a écrit Carney ce jeudi 27 août sur X, en réaction à la signature par Trump d’un décret selon lequel le président américain entend rebaptiser le « lac Ontario », situé à la frontière américano-canadienne, en « lac d’Amérique ».

Cette nouvelle décision intervient après l’imposition par Washington de droits de douane de 50 % sur près de 20 milliards de dollars de produits canadiens, à laquelle Ottawa a annoncé des mesures de rétorsion. Donald Trump avait également évoqué à plusieurs reprises l’idée de faire du Canada le 51e État américain.

Dans le décret publié par la Maison-Blanche, Washington prétend que « les États-Unis sont le premier protecteur des Grands Lacs » et revendique la plus grande partie du volume du lac Ontario, au motif que ses parties les plus profondes se trouvent sur le territoire américain. Ontario, qui désigne aussi une province canadienne, est une appellation d’origine amérindienne, précise le texte.

Ailleurs dans son message, le Premier ministre canadien a souligné que le nom de ce lac, situé à la frontière américano-canadienne, « remonte à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique ».

Donald Trump a également ironisé sur cette politique de changement de noms. « Nous avons un golfe et nous avons un lac. Tout ce qui nous manque encore est un océan », a-t-il déclaré, suggérant que Washington pourrait également rebaptiser l’océan Atlantique ou l’océan Pacifique. Au début de son second mandat, Trump avait déjà ordonné de changer le nom du « golfe du Mexique » en « golfe d’Amérique ».

Cette nouvelle initiative intervient alors que Washington et Ottawa s’opposent sur les droits de douane. Le Canada a récemment riposté à de nouvelles mesures tarifaires américaines, entrées en vigueur samedi, en imposant une série de surtaxes sur certains produits américains, après l’échec des négociations commerciales entre les deux pays. Ces mesures seront effectives le 8 septembre.

Avant de signer le décret, Donald Trump avait déjà évoqué ce changement de nom du lac Ontario à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. Sa décision n’entraîne aucune reconnaissance internationale de cette nouvelle appellation. Comme pour le « golfe d’Amérique », utilisé par Trump pour désigner le « golfe du Mexique », plusieurs acteurs internationaux continuent d’utiliser les appellations traditionnelles.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a également publié des cartes faisant apparaître le Canada, le Groenland ou encore le détroit d’Ormuz comme faisant partie du territoire américain.

Donald Trump avait affirmé qu’après ce qu’il a qualifié de « défaite de l’Iran », les États-Unis déclareraient prochainement le détroit d’Ormuz « territoire américain ».

Y réagissant, un haut diplomate iranien a catégoriquement rejeté les allégations américaines concernant le statut futur du détroit d’Ormuz, soulignant que la République islamique d’Iran ne se laisserait intimider ni par les menaces ni par les démonstrations de force militaire pour rouvrir cette voie maritime.

« Le détroit d’Ormuz ne peut être conquis ni par un tweet ni par un porte-avions, ni par un ordre ni par un discours électoral. Et l’Iran ne se laissera intimider ni par les menaces ni par les démonstrations de force militaire », a souligné Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV