Le président américain Donald Trump « plaisantait » lorsqu'il a récemment déclaré qu'il prévoyait de déclarer le détroit d'Ormuz comme étant un « territoire des États-Unis », a affirmé un haut responsable de la Maison Blanche.
« D’après un haut responsable de la Maison Blanche, le président Trump n’a pas consulté ses conseillers au sujet de sa déclaration visant à faire du détroit d’Ormuz un territoire américain après la guerre et plaisantait lors de son discours aujourd’hui à New York », a écrit Brian Schwartz, journaliste de la Maison Blanche pour le Wall Street Journal, dans un article publié ce samedi 15 août sur X, citant le responsable.
Trump avait déclaré précédemment : « Une fois que nous aurons fini de battre l’Iran (…), bientôt je déclarerai le détroit d’Ormuz comme étant un territoire des États-Unis. »
Schwartz a ajouté avoir remarqué les « rires étouffés » de Trump après cette remarque, prononcée lors de son discours.
En réaction aux propos de Trump vendredi, un haut diplomate iranien a catégoriquement rejeté les allégations américaines concernant le statut futur du détroit d’Ormuz, soulignant que la République islamique d’Iran ne se laisserait intimider ni par les menaces ni par les démonstrations de force militaire pour rouvrir cette voie maritime.
« Le détroit d’Ormuz ne peut être conquis ni par un tweet ni par un porte-avions, ni par un ordre ni par un discours électoral. Et l’Iran ne se laissera intimider ni par les menaces ni par les démonstrations de force militaire », a écrit Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, dans une publication sur X vendredi 14 août.
Ses remarques font suite aux propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé qu’après ce qu’il a qualifié de « défaite de l’Iran », les États-Unis déclareraient prochainement le détroit d’Ormuz « territoire américain ».
Gharibabadi s’est dit surpris par ces propos, assurant que « c’est plutôt Washington qui a essuyé un revers dans ses tentatives d’imposer sa volonté sur ce point de passage stratégique ».
« Acceptez la réalité une fois pour toutes : jusqu’à présent, vous avez essuyé de sérieuses défaites stratégiques. Le détroit d’Ormuz a toujours été iranien et le restera à jamais ; ce détroit ne sera fermé ou rouvert que sur ordre de l’Iran », a-t-il fait remarquer.
Il a ajouté : « Tant que vous refuserez de reconnaître la réalité de votre défaite et que vous persisterez dans vos illusions, l’Iran maintiendra le blocus. »
L'Iran a déclaré la fermeture du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial, en réponse à l’agression non provoquée lancée par les États-Unis et Israël contre le pays le 28 février.
Les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum d’entente en juin afin de mettre fin au cycle de tensions engendré par cette agression.
La République islamique d’Iran a ensuite rouvert le détroit, mais a été contrainte de le fermer à nouveau après que Washington a commencé à entraver le mécanisme de transit légal mis en place par Téhéran, permettant le passage à travers cette voie maritime stratégique, conformément au mémorandum.
Début août, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a conditionné la réouverture de la voie maritime à la réalisation d’impératifs tels que la fin définitive de l’agression américaine contre l’Iran et ses alliés régionaux, la levée du blocus naval illégal et de toutes les sanctions imposées à la République islamique d’Iran, la restitution des avoirs iraniens gelés et le versement d’indemnisations pour les dommages causés par l’agression.
Mercredi, l’Autorité du détroit du golfe Persique, le mécanisme mis en place par l’Iran pour gérer le transit dans cette voie maritime, a également rejeté les allégations répétées des responsables américains selon lesquelles ce point de passage stratégique n’était plus fermé.
« Le détroit d’Ormuz reste fermé et ne sera pas rouvert tant que les conditions de l’Iran ne seront pas acceptées », ajoute l’Autorité.