Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les activités de deux diplomates français en Iran étaient jugées comme « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du pays.
Le mois dernier, les deux diplomates avaient été brièvement détenus à Téhéran après avoir été identifiés lors d’une réunion liée à une enquête de sécurité.
« Nous avons agi dès lors que nous avons estimé que l’ambassade de France à Téhéran avait outrepassé ses responsabilités et les dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, et que ses agissements constituaient une ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran », a déclaré Baghaï aux journalistes, en marge d’un événement organisé dimanche 23 août à Téhéran.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a précisé que l’Iran avait officiellement notifié que les deux diplomates devaient quitter le territoire iranien et qu’ils ne seraient plus autorisés à y revenir.
« Les relations entre les pays, y compris entre l’Iran et la France, doivent être fondées sur le respect mutuel et le respect de toutes les normes et les réglementations du droit international, notamment l’interdiction de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays », a-t-il souligné.
Baghaï a ajouté que Téhéran régulerait ses relations avec tous les pays sur cette base et se réservait le droit d’émettre des avertissements ou de prendre les mesures nécessaires lorsque les circonstances l’exigeraient.
« L’action menée par les deux diplomates français n’était pas justifiable », a-t-il poursuivi, décrivant cette affaire comme une mesure parfaitement légale et conforme au droit international.
Baghaï a par ailleurs averti que la poursuite de tels agissements risquait de compromettre les relations entre l’Iran et la France.
Le ministère iranien du Renseignement a déclaré le mois dernier que les deux diplomates avaient « un long bilan de violation des règles et de comportements contraires aux lois nationales et aux normes diplomatiques ».
Après la vérification de leur identité, l’affaire a été signalée au ministère des Affaires étrangères, et les diplomates ont été remis à l’ambassadeur de France en Iran en présence de la police diplomatique.
Mardi 18 août, le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré les diplomates persona non grata en raison d’activités jugées contraires au droit international et à la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.
Le ministère a déclaré que, plusieurs semaines écoulées depuis que leur conduite illégale a été révélée, aucune mesure n’a été prise par le gouvernement français pour rectifier leur comportement ou donner l’assurance que de tels agissements ne se reproduiraient pas.
« Par conséquent, le ministère des Affaires étrangères déclare ces deux responsables persona non grata et leur entrée en Iran sera désormais interdite », a-t-il ajouté.