Le détroit d’Ormuz reste fermé, a déclaré le commandant de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) qui a rejeté les déclarations de Washington concernant le niveau de trafic maritime et pétrolier dans cette voie navigable stratégique.
Le contre-amiral Ali Ozmaï a fait savoir jeudi que « le détroit d’Ormuz est fermé, et la réalité doit être constatée sur le terrain, et non à travers les déclarations et les remarques des responsables américains ».
Il a souligné que les forces iraniennes maintiennent un contrôle ferme sur les activités dans le détroit d’Ormuz. « Le détroit d’Ormuz est fermé. Notre contrôle des mouvements est total et décisif. Aucun mouvement dans ce détroit n’échappe à la surveillance des membres de la marine des gardiens de la Révolution », a-t-il déclaré.
Les États-Unis ont prétendu avoir augmenté le volume du trafic maritime et des exportations de pétrole via le détroit, un point de passage stratégique par lequel transite habituellement environ un cinquième de la demande mondiale de pétrole.
Cependant, les données de la société d’analyse des matières premières Kpler ont montré que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est tombé sous sa moyenne mensuelle en fin de semaine.
Neuf navires ont franchi le détroit jeudi, contre cinq la veille, mais ce nombre reste inférieur à la moyenne quotidienne d’août, qui est de 12. Tous ont emprunté la voie maritime iranienne.
Ces chiffres contrastent avec les affirmations des responsables américains selon lesquelles les flux pétroliers se sont sensiblement rétablis.
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a prétendu mercredi que « la moyenne sur sept jours du pétrole quittant le détroit d’Ormuz atteint actuellement près de 9 millions de barils par jour ». Il a également affirmé que 5 à 7 millions de barils supplémentaires par jour quittaient la région grâce à la modernisation des oléoducs et des installations d’exportation.
Cependant, les données de suivi des navires citées par Reuters dressent un tableau bien différent. Kpler a enregistré des exportations de pétrole brut via le détroit d’Ormuz de 2,77 millions de barils par jour pour la semaine du 27 juillet et de seulement 1,74 million de barils par jour pour celle du 3 août. Même la semaine la plus productive depuis le début de la guerre a vu 6,98 millions de barils par jour quitter le détroit.
Cet écart se retrouve également dans les exportations totales de la région. Selon Kpler, les expéditions de pétrole brut s’élevaient à 9,53 millions de barils par jour durant la semaine du 3 août, contre 18,7 millions de barils par jour au cours des trois mois précédant la guerre. Les données du fournisseurs mondial de données financières LSEG font état d’exportations similaires, à hauteur de 9,33 millions de barils par jour durant les douze premiers jours d’août, contre 12,35 millions en juillet.
Ces chiffres contradictoires soulèvent des questions quant à la version des faits présentée par l’administration américaine. De nombreux analystes estiment que l’administration Trump diffuse de la désinformation afin de contrôler les prix du pétrole et de présenter une victoire illusoire dans la guerre contre l’Iran, aucun des objectifs affichés par Washington pour cette agression n’ayant été atteint.
Après sa défaite militaire, Washington a repris ses pressions économiques sur Téhéran. Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a prétendu que la marine américaine pouvait maintenir un blocus illégal de l’Iran indéfiniment. « La marine américaine peut maintenir un tel blocus indéfiniment car nous allons faire tourner nos navires, comme nous l’avons fait et comme nous allons continuer de le faire », a-t-il dit.
L’Iran a restreint le transit par le détroit d’Ormuz suite à l’agression israélo-américaine qui a débuté le 28 février. Téhéran a ensuite signé un mémorandum d’entente avec Washington, négocié par le Pakistan, le 17 juin. L’article 5 attribue à l’Iran la responsabilité de la réouverture et de la gestion du détroit.
Les actions ultérieures des États-Unis, notamment l’établissement d’un corridor dangereux près des côtes omanaises et la reprise des attaques aériennes contre les provinces méridionales iraniennes en juillet, ont violé les accords censés mettre fin à la guerre et ont incité Téhéran à réimposer des restrictions.
L’Iran et Oman mènent par ailleurs des discussions sur un nouveau mécanisme de régulation du trafic maritime dans le détroit. Téhéran insiste sur le fait que toute réouverture de cette voie navigable est conditionnée par la satisfaction des exigences iraniennes de la part des États-Unis.