La République islamique d’Iran et le Sultanat d’Oman se rapprochent d’un accord sur le mécanisme juridique de la gestion du détroit d’Ormuz, notamment sur un itinéraire temporaire de navigation dans cette voie maritime, a fait savoir ce samedi 8 août le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, en marge de la conférence de presse du président iranien Massoud Pezeshkian.
« Des négociations ont été menées entre les forces militaires et navales des deux pays sur la base des cartes existantes. Une fois ces discussions finalisées, le nouvel itinéraire sera déterminé », a-t-il affirmé, tout en précisant que la réouverture du détroit d’Ormuz restera tributaire d’autres conditions, y compris la réparation par les États-Unis des violations du mémorandum d’entente d’Islamabad, signé en juin 2026 entre les deux parties.
Auparavant, il existait un dispositif de séparation du trafic (DST) pour le transit des navires dans le détroit d’Ormuz, qui n’est plus acceptable pour la République islamique d’Iran, a-t-il souligné, avant de mettre l’accent sur la nécessité de la mise en place d’un nouveau DST.
« Compte tenu des complexités techniques et juridiques, nous parlons pour le moment d’une voie temporaire, laquelle servira de base aux itinéraires futurs et définitifs », a-t-il indiqué.
Ailleurs dans ses remarques, il a fait état des violations commises par les États-Unis du mémorandum d’Islamabad, rappelant que la République islamique d’Iran mettait en œuvre l’article 5 de ce document, qui prévoit l’ouverture des discussions entre Téhéran et Mascate afin de définir la future administration et les services maritime dans le détroit d’Ormuz.
D’après ses termes, il était prévu que les conditions de navigation reviennent à la normale dans un délai d’un mois. Au cours des deux premières semaines, le volume de trafic maritime a même retrouvé environ 60 % de son niveau d’avant-guerre, mais les Américaines qui tentaient de créer de nouveaux itinéraires dans le détroit d’Ormuz ont entrepris de porter atteinte à la gestion iranienne de cette voie maritime, et ce, malgré les avertissements émis par l’Iran, a-t-il poursuivi, avant de souligner que la République islamique d’Iran n’accepte aucune ingérence dans son administration du détroit d’Ormuz.
Dans un autre volet de ses propos, le chef de la diplomatie iranienne a abordé la question de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, signé le 12 août 2018 par les présidents de l’Iran, du Kazakhstan, de la Russie, de la République d’Azerbaïdjan et du Turkménistan.
Ce document avait été envoyé au Parlement iranien afin que celui-ci se prononce à son sujet, a-t-il déclaré, précisant que les quatre autres États côtiers ont accepté la Convention, tandis que son adoption par la République islamique d’Iran reste subordonnée à son approbation par le Parlement iranien.
En raison des différends concernant la ligne de base ainsi que la délimitation des espaces marins, la part de l’Iran n’est absolument pas évoquée dans la Convention, a-t-il indiqué, ajoutant que cette question sera examinée lors des négociations bilatérales et trilatérales.
Il a conclu en affirmant que l’une des principales caractéristiques de ce texte est qu’« aucune force militaire étrangère ne sera présente en mer Caspienne ».