L’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), dirigée par la Russie, pourrait utiliser l’arme nucléaire pour protéger ses États membres en cas d’attaque, a confirmé un haut responsable, citant les documents stratégiques du bloc et la doctrine militaire russe.
Viktor Vasilyev, président du Conseil permanent de l’OTSC, a fait ces déclarations en réponse à une question sur le déploiement éventuel d’armes nucléaires dans d’autres États membres de l’OTSC.
« Les documents adoptés pour élaborer cette stratégie, ainsi que la doctrine militaire russe, prévoient la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire, y compris pour protéger les alliés en cas d’attaque », a déclaré Vasilyev.
Il a ajouté que la stratégie de sécurité collective de l’OTSC identifie le nombre croissant d’États dotés de capacités nucléaires militaires, ainsi que la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, comme des défis majeurs pour la sécurité collective de l’alliance.
L’OTSC est une alliance militaire de six États post-soviétiques. Fondée en 2002 pour la défense collective, elle protège ses membres contre les menaces à leur sécurité, leur territoire ou leur souveraineté. Basée à Moscou, l’organisation constitue le principal contrepoids eurasien à l’OTAN.
Les propos de Vasilyev interviennent à un moment où l’attention internationale sur la politique nucléaire et la dissuasion stratégique s’intensifie, en grande partie sous l’impulsion de l’escalade occidentale.
En mars, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France entrait dans une nouvelle ère de « dissuasion nucléaire avancée », annonçant des plans visant à renforcer la posture nucléaire du pays et à approfondir la coopération militaire avec ses alliés par le biais d’exercices conjoints.
En juin, le Parlement finlandais a approuvé des amendements législatifs supprimant les restrictions précédentes sur l’importation, la production, le stockage et l’utilisation d’armes nucléaires sur le territoire finlandais, des mesures qui érodent davantage le statu quo nucléaire de longue date en Europe.
En réponse, la Russie a renforcé son dispositif nucléaire. En mai, Moscou a mené des exercices de grande envergure mobilisant quelque 64 000 personnes, dans un contexte de pressions continues de l’OTAN concernant le conflit en Ukraine et l’augmentation des vols de drones dans la région baltique.
Ces exercices simulaient la préparation et l’utilisation potentielle de la force nucléaire en cas d’agression. Au cours de ces manœuvres, la Russie a procédé au tir d’essai d’un missile balistique intercontinental Yars depuis le cosmodrome de Plesetsk, au lancement d’un missile hypersonique Zircon depuis une frégate en mer de Barents et au tir d’un missile balistique Sineva depuis un sous-marin.
Les manœuvres impliquaient également un sous-marin nucléaire lanceur de missiles balistiques de classe Borei, un avion anti-sous-marin Il-38 et un MiG-31 armé d’un missile hypersonique Kinzhal.
Le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé à plusieurs reprises que l’arme nucléaire demeure une mesure de dernier recours. S’adressant, au Kremlin, au président biélorusse Alexandre Loukachenko, au ministre de la Défense Andreï Belousov et à de hauts responsables militaires, M. Poutine a souligné que la triade nucléaire russe doit continuer de garantir la souveraineté de l’État de l’Union de Russie et de Biélorussie face à l’intensification des tensions internationales.
Il a également clairement indiqué que, si la Russie ne cherche pas à s’engager dans une nouvelle course aux armements, elle continuera de moderniser ses forces stratégiques avec des missiles et des sous-marins de pointe.
Selon la Fédération des scientifiques américains, la Russie possède le plus grand arsenal nucléaire au monde, avec environ 4 400 ogives déployées et stockées. Viennent ensuite les États-Unis avec environ 3 700 ogives, la Chine avec environ 620, la France avec 290 et le Royaume-Uni avec environ 225.
La Russie et la Chine ont toutes deux vivement critiqué le projet de système de défense antimissile « Dôme d’or » proposé par le président américain Donald Trump, avertissant que ce projet menace la stabilité stratégique mondiale.
La Russie a été trompée à maintes reprises par les promesses non tenues de l’OTAN de ne pas s’étendre vers l’est. Le président Poutine a affirmé avec fermeté et constance que toute nouvelle expansion de l’OTAN vers l’est est inacceptable.