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Allemagne : Friedrich Merz vilipendé pour son remaniement chaotique

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le chancelier allemand, Friedrich Merz. (Archives)

Le remaniement voulu par le chancelier allemand Friedrich Merz pour reprendre la main semble se retourner contre lui. Alors qu’il se retrouve contesté jusque dans les rangs de la CDU, son parti aborde les élections régionales de septembre dans un climat de fortes tensions.

Après plusieurs jours de spéculations, Friedrich Merz a finalement annoncé le 27 juillet la nomination de Steffen Bilger, 47 ans, ancien secrétaire d’État aux Transports entre 2018 et 2021, au poste de ministre des Transports.

Ce dernier remplace Patrick Schnieder, que Friedrich Merz jugeait insuffisamment efficace face aux retards chroniques de la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et au manque de projets destinés à moderniser les infrastructures allemandes. Objectif pour le nouveau ministre : faire en sorte que l’Allemagne devienne « plus rapide et meilleure, pour ouvrir une nouvelle ère de progrès ».

Le chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, Jens Spahn avait quitté, lui aussi, ses fonctions, le 18 juillet. Pour lui succéder, Friedrich Merz a choisi son fidèle directeur de cabinet Thorsten Frei, 52 ans, dont la nomination vient d’être approuvée ce mercredi par les députés de l’alliance conservatrice CDU/CSU. Ce dernier sera remplacé à la tête de la chancellerie par Nina Warken, 47 ans, qui deviendra la première femme à occuper cette fonction.

Présenté par l’équipe du chancelier comme une occasion de reprendre la main, ce remaniement a au contraire déclenché une fronde interne. Plusieurs responsables conservateurs sont allés jusqu’à publiquement critiquer le dirigeant. L’ancien directeur de la chancellerie sous Angela Merkel, Peter Altmaier, s’est dit par exemple « triste et en colère » du traitement réservé à Patrick Schnieder. Le ministre des Transports sortant est en effet resté en poste trois jours après avoir été limogé, car le remplaçant qu’avait initialement choisi Friedrich Merz s’est finalement désisté au dernier moment. Dénonçant sur les réseaux sociaux une « situation indigne qui rend impossible le travail nécessaire », Patrick Schnieder a fini par demander à être relevé de ses fonctions. Le chancelier a lui-même reconnu « beaucoup regretter personnellement » que les événements se soient déroulés ainsi.

Une nouvelle mauvaise séquence pour la CDU qui traverse actuellement une passe difficile dans les sondages, alors que des élections régionales décisives arrivent à l’automne. Dans le Land de Saxe-Anhalt, où le scrutin est prévu le 6 septembre, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) devance la CDU de 17 points, et pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à obtenir une majorité absolue dans un Land. Sur une chaîne de télévision allemande lundi, le chef de la CDU en Saxe-Anhalt Sven Schulze a estimé que les polémiques fédérales rendaient « presque impossible » une campagne axée sur les enjeux locaux. Le groupe parlementaire CDU de Rhénanie-Palatinat a été jusqu’à annuler une réunion avec Friedrich Merz. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV