Le président irakien Nizar Amedi a fermement dénoncé les frappes conjointes menées par l’Arabie saoudite et les États-Unis contre les positions des Forces de mobilisation populaire, communément appelées Hachd al-Chaabi, à travers le pays. Ces attaques ont tué au moins 20 combattants de la résistance et blessé 32 autres.
Dans un communiqué publié mercredi, M. Amedi a condamné ces frappes aériennes, les qualifiant d’« acte inacceptable, de violation flagrante de la souveraineté irakienne et de violation manifeste du droit international ainsi que de la Charte des Nations Unies ».
« Nous réaffirmons notre ferme opposition à l’utilisation du territoire irakien ou de ses installations militaires pour lancer des attaques contre des pays voisins. Nous appelons toutes les parties à respecter la souveraineté de l’Irak et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre sa sécurité et sa stabilité », a déclaré la présidence irakienne.
Le communiqué souligne en outre que le dialogue demeure la seule voie permettant de résoudre les crises tout en préservant la sécurité régionale et en évitant une nouvelle escalade des tensions.
Les Hachd al-Chaabi ont annoncé que leurs positions dans les provinces de Bagdad, Wasit, Ninive, Bassora, Kirkouk, Karbala et Diyala avaient été prises pour cible tôt mercredi, provoquant d’importants dégâts au niveau de leurs quartiers généraux, de leurs véhicules et de leurs équipements militaires.
Les forces de résistance antiterroristes ont qualifié ces frappes d’« escalade dangereuse », de « violation de la souveraineté irakienne » et d’attaque dirigée contre les institutions officielles de sécurité du pays.
Elles ont indiqué que des commissions spécialisées poursuivaient leurs investigations sur le terrain afin d’établir un bilan plus précis, ajoutant que le nombre de victimes pourrait encore s’alourdir.
L’ancien Premier ministre irakien Mohammed Shia' al-Sudani a également condamné les frappes américano-saoudiennes visant les quartiers généraux des Hachd al-Chaabi, mettant en garde contre les conséquences d’une telle violation de la souveraineté irakienne.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque américano-saoudienne qui a visé les quartiers généraux des Hachd al-Chaabi en Irak », a déclaré al-Sudani, ajoutant que « cette attaque constitue une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, une grave atteinte au principe de fraternité musulmane, ainsi qu’une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations Unies ».
Le chef de la Coalition pour la reconstruction et le développement a poursuivi : « Bien que l’Irak, par l’intermédiaire de ses institutions officielles, ait clairement rejeté l’utilisation de son territoire pour attaquer les pays voisins, le moment choisi pour cette attaque soulève de nombreuses interrogations, d’autant qu’elle intervient après la création par le gouvernement irakien de commissions d’enquête chargées d’examiner les allégations selon lesquelles des drones auraient été lancés depuis le territoire irakien contre des installations pétrolières saoudiennes. Cette initiative témoigne de la volonté de l’État irakien de traiter ces questions dans un cadre juridique et institutionnel, et non par une escalade militaire. »
Al-Sudani a affirmé que l’Irak conservait tous les droits que lui reconnaît le droit international, notamment ceux prévus par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, afin de défendre sa souveraineté, son territoire et son peuple.
« Toute atteinte à la sécurité et à la stabilité de l’Irak est inacceptable et ne saurait être tolérée », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le secrétaire général de l’Organisation Badr, Hadi al-Amiri, a condamné les frappes conjointes américano-saoudiennes contre les quartiers généraux des Forces de mobilisation populaire, exigeant que le gouvernement irakien adopte une position ferme et résolue face à cette atteinte à la souveraineté nationale.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attaque odieuse et injustifiée contre la souveraineté irakienne et ses forces armées. Les forces saoudiennes, avec le soutien aérien des États-Unis, ont frappé plusieurs positions des Hachd al-Chaabi à travers l’Irak, faisant de nombreux martyrs et plusieurs blessés », a déclaré al-Amiri. Il a appelé le gouvernement irakien à « adopter une position ferme et décisive contre cette violation de la souveraineté de l’Irak et le ciblage de ses forces héroïques, qui ont joué un rôle essentiel dans le rétablissement de la sécurité et de la stabilité du pays et poursuivent leurs opérations contre les résidus du groupe terroriste Daech ».
Selon al-Amiri, le peuple irakien est profondément choqué par cette agression manifeste perpétrée par un pays voisin auquel l’Irak n’a cessé de tendre la main dans un esprit de fraternité et de coopération, faisant preuve d’une grande retenue tout au long de ces années difficiles.
Al-Amiri a ajouté : « Le rôle joué par les États-Unis dans le soutien à cette agression brutale engage pleinement leur responsabilité juridique et morale. Il aurait été plus approprié que Washington respecte l’accord de sécurité conclu avec l’Irak, sa souveraineté, et honore ses engagements en contribuant à protéger le pays contre toute agression visant son territoire et ses institutions militaires. »
Il a estimé que cette attitude hostile imposait une réévaluation complète de l’ensemble des relations et des accords conclus avec les États-Unis, au premier rang desquels figure l’accord de sécurité, afin qu’ils soient conformes aux intérêts nationaux de l’Irak et garantissent sa souveraineté ainsi que sa dignité.