La République islamique d’Iran ne permettra pas aux États-Unis de dicter le calendrier d’une quelconque guerre, a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, soulignant que les décisions de Téhéran en matière de défense et de diplomatie sont exclusivement guidées par les intérêts nationaux et la sécurité nationale du pays.
Ces remarques ont été formulées ce lundi 27 juillet lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Téhéran, en réponse à des informations selon lesquelles l’Iran et les États-Unis auraient répondu à une proposition conjointe du Pakistan et du Qatar en faveur d’un cessez-le-feu et d’un retour aux négociations, alors même que les transferts d’armes américains vers la région se poursuivent.
Les décisions de politique étrangère de l’Iran ne résultent pas d’équations à variable unique, elles sont déterminées par un processus transparent impliquant tous les organes décisionnels nationaux compétents, y compris le ministère des Affaires étrangères, a affirmé le responsable de haut rang.
« Nous n’avons jamais permis, et nous ne permettrons jamais, aux États-Unis de fixer le calendrier de la guerre et de la paix. Nous continuerons à nous défendre aussi longtemps que nos intérêts nationaux et l’intérêt supérieur du pays l’exigeront. Chaque fois que nous estimerons que la diplomatie constitue un instrument efficace pour préserver ces intérêts, nous y recourrons sans hésitation », a-t-il poursuivi.
Dans un autre volet de ces propos, le porte-parole de la diplomatie iranienne a fait référence à la récente attaque meurtrière menée par l’Ukraine contre un navire marchand iranien en mer Caspienne. Il l’a fermement condamnée, rappelant que la République islamique d’Iran n’a jamais été impliquée dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine.
Qualifiant cette attaque d’« acte illégal », il a averti qu’elle ne restera pas sans réponse, tout en indiquant que les pays qui se présentent comme les soutiens du régime ukrainien devront être tenus pour responsables de ces récentes évolutions.
En outre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a lancé un avertissement à l’entourage du président ukrainien Volodymyr Zelensky, soulignant que « ceux qui le conseillent devraient le maîtriser et faire preuve de prudence », compte tenu des graves conséquences qu’une telle agression pourrait entraîner.
Dans la foulée, M. Baghaï a considéré cette attaque ukrainienne comme un acte symbolique visant à attirer l’attention de la communauté internationale et à démontrer son poids limité dans les affaires internationales.
Faisant référence aux rencontres prévues entre Zelensky, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump, Esmaïl Baghaï a vivement critiqué leur alliance destructrice.
« Ce regroupement ne peut être décrit que comme une sorte de triangle du mal », a-t-il martelé, indiquant que « de tels triangles n’ont jamais eu le moindre effet positif sur la paix et la sécurité internationales ».
Ailleurs dans ses remarques, M. Baghaï a réaffirmé que la République islamique d’Iran ne recherche aucune confrontation avec les pays voisins.
« Nous n’entretenons aucune hostilité envers les pays de la région. Bien au contraire, l’Iran et les États riverains du golfe Persique sont liés par de nombreux liens et intérêts communs, qui peuvent servir de fondement à la confiance mutuelle et à une coopération entre ces pays », a-t-il indiqué.
Toutefois, il a affirmé que certains pays de la région ont autorisé l’utilisation de leur territoire par des acteurs ayant mené des attaques contre l’Iran et que, dans certains cas, ils avaient eux-mêmes participé à ces offensives ; une situation qui a conduit l’Iran à mener des frappes de représailles contre des intérêts américains situés dans ces États.
M. Baghaï a estimé que cette coopération relevait d’un « crime de guerre », affirmant que Téhéran exige qu’elle cesse.
Plus loin dans ses propos, le porte-parole de la diplomatie iranienne a fait le point sur les discussions bilatérales entre la République islamique d’Iran et Oman, qualifiant d’« utiles et constructifs » plusieurs cycles de négociations tenus vendredi et samedi.
Ces discussions portent sur la gestion du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et visent à mettre en place des mécanismes garantissant une navigation sûre, dans le respect des droits souverains des deux États côtiers, a-t-il expliqué, avant de souligner que ces négociations étaient exclusivement bilatérales.
« Ces discussions n’ont absolument aucun lien avec les États-Unis. Il s’agit d’un dossier strictement bilatéral entre l’Iran et Oman, et les pourparlers se poursuivent », a-t-il conclu.