Pour la première fois depuis 1968, la Guinée a officiellement sollicité auprès de la France la restitution de plusieurs manuscrits et biens culturels pillés durant la période coloniale. Parmi les œuvres réclamées figure notamment le Coran de Samory Touré, fondateur de l’empire du Wassoulou et l’une des principales figures de la résistance à la colonisation française en Afrique de l’Ouest, ainsi que plusieurs objets royaux ayant appartenu à cette figure emblématique.
Conakry souhaite notamment récupérer un manuscrit précieux, communément appelé le Coran de Samory Touré. Recouvert d’une couverture en cuir brun foncé maintenue par une cordelette en fibres naturelles, ce manuscrit renferme des textes et des commentaires coraniques rédigés en langue arabe.
La liste des biens réclamés comprend également la coiffe de Samory Touré, son chasse-mouches ainsi qu’une tunique de guerre. Ces objets avaient été saisis par l’armée française après sa capture en 1898, avant son exil au Gabon, où il est décédé en 1900.
Conservés depuis plusieurs décennies dans les réserves du musée de l’Armée, à Paris, ces artefacts ont été examinés à la mi-juin par une délégation guinéenne conduite par le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla. À cette occasion, ce dernier avait déclaré : « C’est la preuve de l’immensité de ce chef de guerre. L’important est que ces objets puissent retourner à la maison. »
La requête adressée par le ministère guinéen de la Culture à son homologue français constitue la première démarche officielle de ce type depuis 1968. Cette année-là, le premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré, avait demandé à la France de restituer le Coran, le sabre et le boubou de Samory Touré à l’occasion du dixième anniversaire de l’indépendance du pays.
La nouvelle initiative guinéenne s’inscrit dans un mouvement africain plus large en faveur de la restitution des biens culturels pillés durant la colonisation et dispersés dans plusieurs musées européens.