Des chercheurs iraniens ont développé une nouvelle éolienne sans pales qui, selon ses concepteurs, constitue une alternative plus silencieuse, plus compacte et plus performante que les modèles conventionnels.
Selon le développeur en chef du projet, Mohammadreza Laghaï, cette technologie remplace les pales traditionnelles par un rotor à lévitation magnétique associé à un système intelligent de guidage du vent à 360 degrés. Cette configuration permet de capter l’énergie éolienne sans recourir aux complexes mécanismes d’orientation qui repositionnent en permanence les éoliennes classiques face au vent.
« L’objectif principal de cette technologie est de transformer les éoliennes, aujourd’hui volumineuses, coûteuses et bruyantes, en systèmes compacts et modulaires, plus silencieux, plus durables et nécessitant beaucoup moins de maintenance », a déclaré Mohammadreza Laghaï.
Contrairement aux éoliennes conventionnelles, qui ne sont généralement installées qu’en une seule unité sur un seul mât, cette nouvelle conception permet une installation superposée : jusqu’à dix unités peuvent être empilées les unes sur les autres, formant ainsi une véritable centrale éolienne verticale, qui augmente considérablement la production d’énergie sur une même emprise au sol, a expliqué M. Laghaï.
Cette conception supprime les pales conventionnelles, a souligné le responsable du projet, avant de préciser que cette caractéristique, outre l’amélioration de la sécurité, présente d’importants avantages environnementaux.
Le niveau sonore de cette turbine est nettement inférieur à celui des éoliennes classiques, a-t-il indiqué, ajoutant que l’utilisation d’un rotor à lévitation magnétique permet de réduire considérablement les coûts de maintenance du système et prolonge la durée de vie opérationnelle de l’installation.
À la place des pales conventionnelles, l’éolienne est équipée des écopes coniques auto-ajustables qui canalisent le vent, quelle que soit sa direction, vers le rotor. Cette conception permet de produire de l’électricité même lorsque la direction du vent change fréquemment.
D’après l’équipe de recherche, la turbine peut entrer en fonctionnement dès que la vitesse du vent atteint environ 2,5 à 3 mètres par seconde, ce qui la rend particulièrement adaptée aux zones où les éoliennes classiques peinent à produire de l’électricité. L’absence de pales dans sa conception permet également de réduire le niveau sonore ainsi que les risques de sécurité généralement associés aux pales en rotation.
Ailleurs dans ses remarques, M. Laghaï a affirmé que cette technologie pourrait être déployée dans un large éventail d’environnements, notamment en milieu urbain, sur des sites industriels, dans des régions isolées, dans les ports, sur les installations côtières et offshore, ainsi qu’à bord de navires.
« Cette plateforme a également été conçue pour fonctionner en complément de panneaux solaires, ouvrant la voie au développement de systèmes hybrides d’énergies renouvelables dans les régions bénéficiant à la fois d’un fort ensoleillement et de conditions de vent favorables », a-t-il ajouté.
Selon les estimations de Mohammadreza Laghaï, cette nouvelle éolienne pourrait offrir un rendement supérieur de 10 à 15 % à celui des éoliennes conventionnelles, avec un potentiel pouvant atteindre 30 à 40 % après des essais complémentaires. Toutefois, il a précisé que ces performances devront être confirmées par des tests réalisés en conditions réelles.
En outre, il a déclaré que la conception empilable du système pourrait multiplier jusqu’à sept fois la production d’énergie par unité de surface par rapport aux installations éoliennes conventionnelles.
D’après l’équipe de recherche, cette invention a obtenu une protection par brevet en Iran et a reçu un rapport de recherche internationale favorable dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT). Les quatorze revendications du brevet ont été reconnues comme nouvelles, inventives et susceptibles d’application industrielle.
Le projet est désormais entré dans la phase de développement d’un prototype au Parc scientifique et technologique de Tabriz, avant les tests de validation en conditions d’exploitation et sa future commercialisation.