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La guerre américano-israélienne contre l'Iran pousse les compagnies aériennes européennes au bord de la faillite

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Des passagers embarquent à bord d'un avion easyJet à l'aéroport Berlin-Brandebourg de Schönefeld, en Allemagne, le 21 avril 2026. (Photo : Reuters)

La hausse des prix du carburant, conséquence de l’agression américaine contre l’Iran, a accentué la pression financière sur plusieurs compagnies aériennes européennes, poussant certaines au bord de l’effondrement et de la faillite, rapporte Reuters.

Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, consécutives à la guerre israélo-américaine contre l’Iran, ont entraîné une forte hausse des prix de l’énergie. La flambée des coûts du carburant et du transport qui en a résulté a accentué les pressions économiques aux États-Unis, faisant craindre une érosion durable du pouvoir d’achat des ménages et un ralentissement des dépenses de consommation dans les mois à venir.

Alors que les tensions renouvelées dans le golfe Persique ont de nouveau fait grimper les prix du pétrole, les investisseurs et les dirigeants du secteur aérien estiment que les compagnies européennes les plus fragiles sur le plan financier pourraient ne pas survivre à ce nouveau choc.

Parmi elles figure la compagnie britannique à bas prix easyJet, qui serait sur le point d’être rachetée par une société américaine dans le cadre d’une opération qui conduirait à sa privatisation, pour une valorisation nettement inférieure à sa précédente capitalisation boursière.

La compagnie lettone airBaltic recherche également un financement à court terme afin d’honorer ses échéances de dette, tandis que le transporteur norvégien Norse Atlantic mène une revue stratégique de ses activités.

Reuters souligne qu’après les graves difficultés financières provoquées par la pandémie de COVID-19, les compagnies aériennes commençaient tout juste à assainir leurs bilans lorsque la flambée des prix du carburant a de nouveau pesé sur leurs actions et mis en évidence la fragilité persistante de leur situation financière.

En conséquence, plusieurs transporteurs envisagent désormais des restructurations, des cessions d’actifs, voire le recours à une procédure de faillite.

« Nous sommes actuellement en train de préparer, je crois, des dossiers de restructuration pour quatre ou cinq très grandes compagnies aériennes en Europe », a déclaré Barema Bocoum, responsable EMEA du cabinet de conseil financier Interpath.

Selon le rapport, le secteur aérien mondial a quasiment réduit de moitié ses prévisions de bénéfices pour 2026 le mois dernier, en raison de la guerre en Asie de l’Ouest et de la hausse des prix du carburant.

Les banquiers, les investisseurs et les analystes estiment également que la guerre contre l’Iran, qui a provoqué une forte augmentation des prix du carburant cette année, a aggravé les difficultés financières qui persistent depuis la pandémie de COVID-19.

Cette conjoncture de plus en plus difficile a contraint les compagnies aériennes à revoir à la baisse leurs projets d’expansion. Le constructeur aéronautique Airbus a récemment abaissé ses prévisions de demande d’avions de ligne sur les vingt prochaines années, invoquant la guerre et les tensions commerciales persistantes.

« Les compagnies aériennes maintiennent globalement une croissance très modérée aux États-Unis, en Europe et en Asie du Sud-Est », a déclaré Bertrand Grabowski, conseiller en aviation et ancien banquier du secteur.

La hausse du prix du kérosène, qui représente plus d’un tiers des dépenses d’exploitation des compagnies aériennes, suscite également de vives inquiétudes quant à la santé financière du secteur.

« Ce sont probablement les plus petites compagnies aériennes qui sont les plus exposées », a déclaré James Halstead, analyste aéronautique basé à Londres, ajoutant que la perte de trafic durant la saison estivale, essentielle à leur rentabilité, pourrait s’avérer fatale pour certains transporteurs, dans un secteur fortement dépendant des liquidités.

« Malheureusement, je pense que certains transporteurs auront beaucoup de mal à faire face à ce niveau élevé des prix du carburant », a-t-il ajouté.

Le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Willie Walsh, avait également déclaré en juin que certaines compagnies aériennes risquaient de faire faillite ou d’être rachetées par des transporteurs plus importants si les prix du carburant demeuraient durablement élevés.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV