Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a publié un communiqué ce mercredi 15 juillet, dans lequel il revient sur les principales interrogations suscitées à la suite de la récente escalade militaire entre les États-Unis et la République islamique d’Iran.
« En ces jours où la guerre s’intensifie, de nombreuses questions sont soulevées parmi le peuple, [parmi lesquelles figurent] : Cherchons-nous la guerre ? La guerre et sa menace prendront-elles fin ? Pouvons-nous atteindre nos objectifs par la négociation ? Quel intérêt y a-t-il à négocier avec des États-Unis qui ne respectent jamais leurs engagements ? Comment faire valoir nos droits et sortir victorieux de cette guerre ? », a-t-il écrit.
Il faut d’abord comprendre que la République islamique d’Iran est engagée dans une confrontation existentielle et fondamentale avec les États-Unis, dont l’objectif ne se limite pas au renversement de la République islamique, en tant que principal pilier du « front de la vérité », mais vise également à fragmenter l’Iran, a-t-il indiqué, avant de mettre l’accent sur le fait que « cette stratégie de l’ennemi n’a jamais changé ».
« La préparation militaire et la diplomatie doivent aller de pair »
Le président du Parlement a souligné que les États-Unis tenteront, chaque fois qu’ils en auront la possibilité, de porter atteinte à la République islamique d’Iran et à promouvoir leurs propres intérêts, qu’il s’agisse de guerre ou de négociations.
« Notre approche, qu’il s’agisse de guerre ou de négociations, doit s’appuyer sur les intérêts nationaux, la sécurité nationale, une vision réaliste et une perspective à long terme. Il n’y a pas d’autre voie que de compter sur nos propres capacités et de renforcer notre puissance », peut-on lire dans le communiqué.
Dans la foulée, M. Ghalibaf a indiqué que la résistance du peuple iranien et des forces armées du pays a mis en échec les machinations des États-Unis au cours de la guerre de Ramadan, déclenchée le 28 février, les contraignant à demander un cessez-le-feu puis à engager des négociations.
Toutefois, il a précisé que cela ne signifie nullement un changement de stratégie de Washington. « Les États-Unis conserveront toujours leur comportement hégémonique et n’accepteront jamais l’existence d’un Iran puissant », a-t-il poursuivi.
Réaffirmant que la République islamique d’Iran n’a jamais recherché la guerre et ne la recherchera jamais, le président du Parlement iranien a souligné la nécessité de rester constamment prêts à défendre le pays.
« Nous devons être prêts au combat et défendre notre sécurité et nos intérêts nationaux jusqu’à notre dernière goutte de sang. Parallèlement, nous devons également recourir à la diplomatie et aux négociations afin de garantir et de consolider ces intérêts », a-t-il indiqué.
« Sans aucun avantage pour l’Iran, plus rien ne justifie de respecter le mémorandum »
En ce qui concerne le mémorandum d’entente d’Islamabad entre Téhéran et Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf a indiqué qu’un tel accord n’a de valeur que si ses dispositions demeurent valides et effectivement appliquées.
« Conformément au principe d’œil pour œil, si la République islamique d’Iran ne tire aucun bénéfice de ce document, nous n’avons aucune raison de rester liés par un tel accord. Comme chacun peut le constater aujourd’hui, nos forces armées disposent d’une entière liberté d’action pour répondre à tout acte d’agression commis par l’ennemi », lit-on dans son communiqué.
L’ennemi exerce des pressions pour compenser ses échecs
Au cours de la guerre de Ramadan, l’Iran a pris la décision appropriée de fermer le détroit d’Ormuz, cette mesure étant devenue nécessaire en raison de la dégradation de la sécurité et des menaces pesant sur la sécurité nationale du pays.
Aujourd’hui, la sécurité nationale de l’Iran repose sur le maintien de la gestion iranienne dans le détroit d’Ormuz, ainsi que sous la garantie d’un passage aussi large que possible, sûr et sans risque des navires commerciaux à travers cette voie maritime stratégique, afin que celles-ci contribuent au renforcement de la sécurité de l’Iran.
Il faut coordonner l’action militaire et la diplomatie
Le président du Parlement iranien a exhorté à une coordination étroite entre les actes militaires et la diplomatie, sans craindre ni la guerre ni les négociations.
« Ces deux approches constituent des instruments destinés à préserver les intérêts nationaux. Dans les circonstances actuelles, la négociation ne signifie en aucun cas la compromission ; elle constitue, aux côtés des actes militaires, l’un des piliers de la stratégie de résistance et de la défense des intérêts nationaux », a-t-il souligné.
Nous devons suivre les directives du Leader et préserver l’unité nationale
Toujours dans son communiqué, Mohammad Bagher Ghalibaf a appelé le peuple iranien, quelles que soient ses sensibilités politiques ou ses convictions, à préserver l’unité nationale en suivant les directives du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei.
« J’appelle tous les Iraniens à rester unis, à être présents sur le terrain et à faire de cette unité un message clair adressé à nos ennemis. Ils nous ont déjà menacés avec leurs porte-avions, leurs attaques aériennes, terrestres et d’autres formes d’agression. Ils en ont vu les conséquences. Nous ne devons donc jamais céder à la peur face aux menaces de l’ennemi », a-t-il conclu.