L’Iran a officiellement saisi les Nations unies, accusant les États-Unis de violer systématiquement un accord de cessez-le-feu. Téhéran affirme avoir recensé 42 violations et appelle le Conseil de sécurité à prendre des « mesures immédiates, efficaces et décisives » contre Washington.
Dans une lettre adressée mardi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi qu’au Conseil de sécurité, le représentant permanent de la République islamique d'Iran auprès des Nations unies, Amir Saeed Iravani, a rejeté les allégations américaines de "légitime défense", déclarant que « les États-Unis sont l’agresseur et non la victime ».
La plainte porte sur le mémorandum d'entente d’Islamabad, signé le 17 juin 2026 et négocié par le Pakistan, qui visait à mettre fin à plusieurs mois de guerre et à établir un cadre pour le règlement des différends en suspens. L’accord prévoyait notamment un cessez-le-feu permanent, la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval américain.
Dans sa lettre, dont Téhéran a demandé la diffusion en tant que document officiel du Conseil de sécurité, M. Iravani affirme que Washington a commencé à saper l’accord « presque immédiatement » après sa signature.
La lettre souligne également que les États-Unis ont « constamment manqué à leurs engagements et ont activement et systématiquement entravé la mise en œuvre du mémorandum ».
M. Iravani a qualifié les actions américaines de « violations délibérées, calculées et continues » qui « ont mis en péril la stabilité régionale, menacé la paix et la sécurité internationales et démontré le mépris flagrant des États-Unis pour leurs obligations juridiques internationales ».
Parmi les violations évoquées par l’Iran figurent « des attaques militaires répétées contre la souveraineté et l'intégrité territoriale iranienne », la révocation jugée illégale de licences de vente de pétrole iranien et l'ingérence dans les accords iraniens relatifs au détroit d'Ormuz.
La lettre rappelle que le paragraphe 5 du mémorandum précise explicitement la responsabilité de l’Iran dans la définition des modalités de passage sécurisé à travers le détroit et que Washington a violé cette disposition en créant une voie maritime parallèle sous protection militaire américaine.
Téhéran qualifie cette décision américaine d’« ingérence flagrante dans la mise en œuvre par l’Iran des accords nécessaires concernant le détroit d’Ormuz », ce qui a « entraîné le retour de l’insécurité dans le détroit et perturbé la navigation commerciale internationale ».
La lettre fait également référence à la poursuite de l’agression militaire israélienne au Liban que l’Iran accuse les États-Unis de ne pas avoir empêchée malgré les obligations qui leur incombaient en vertu du mémorandum d'Islamabad.
Les violations recensées comprennent une chronologie des incidents survenus entre le 18 juin et le 13 juillet, faisant état d’agressions militaires, de menaces de recours à la force proférées par de hauts responsables américains, ainsi que de nouvelles sanctions et restrictions visant les exportations de pétrole iranien et les avoirs gelés.
Le président américain Donald Trump a annoncé que Washington « rétablissait » le blocus du détroit d’Ormuz contre l’Iran et a laissé entendre que les États-Unis imposeraient des droits de transit aux navires empruntant cette voie maritime.
Dans sa lettre, l’Iran critique « l’incapacité du Conseil de sécurité » à réagir de manière adéquate, affirmant que cette inaction a encouragé Washington.
M. Iravani a déclaré que les États-Unis, « en utilisant le territoire et les installations de pays situés sur les rives sud du golfe Persique pour préparer leur agression militaire contre l’Iran, ont de fait transformé ces pays en champ de bataille de leur guerre illégale et criminelle contre le peuple iranien ».