Le Japon a exprimé sa « préoccupation » concernant la campagne américaine visant à démanteler la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant ce que l’administration Trump a qualifié de « menace » pour la souveraineté américaine.
Tokyo suit de près et avec inquiétude la campagne américaine, a déclaré le secrétaire général du Cabinet du Japon, Minoru Kihara, le mardi 14 juillet, lors d’une conférence de presse, selon l’agence Kyodo News.
L’administration du président américain, Donald Trump, a intensifié sa campagne de pression contre la CPI, en envisageant de nouvelles sanctions, des restrictions de visas et des pressions diplomatiques sur ses alliés.
À noter que le tribunal de La Haye est actuellement présidé par Tomoko Akane, la première Japonaise à occuper ce poste depuis 2024.
Minoru Kihara a déclaré que Tokyo « traitera la question en consultant étroitement la CPI et ses autres membres, ainsi que Washington », ajoute le rapport.
Cette déclaration de Tokyo fait suite à l’annonce, lundi, par le département d’État américain, que la campagne déploierait une « réponse pangouvernementale visant à paralyser systématiquement la capacité de la CPI à fonctionner, à cibler les militaires ou les responsables américains, ou à menacer de quelque manière que ce soit la souveraineté américaine ».
Dans une tribune publiée lundi dans le Wall Street Journal, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que l’administration « démantèlerait la CPI, brique par brique, si nécessaire ».
La CPI avait lancé en 2020 une enquête portant sur les crimes des forces américaines en Afghanistan et sur les activités des « prisons secrètes » de la CIA en Europe. Cette enquête, aujourd’hui en sommeil, a entraîné des sanctions américaines. Toutefois, c’est désormais le dossier israélien qui semble être la principale cause de ces mesures.
Pour rappel, la CPI a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi que contre son ancien ministre de la Guerre, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre commis dans la bande de Gaza. À la suite de cette décision, la CPI a affirmé avoir été confrontée à des actes de coercition et d’intimidation de la part des dirigeants américains.
L’administration de l’ancien président américain Joe Biden avait également imposé des sanctions à plusieurs juges de la CPI impliqués dans l’émission des mandats d’arrêt.