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France : le procès de Rima Hassan renvoyé en octobre

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
L'eurodéputée française Rima Hassan. (Archives)

L’eurodéputée française Rima Hassan affirme que les autorités françaises l’ont soumise à une surveillance accrue et à des pressions politiques afin de la réduire au silence face à ses critiques du génocide israélien à Gaza.

Mme Hassan, une fervente défenseure de la cause palestinienne, a comparu mardi devant le tribunal pour « apologie du terrorisme », un délit pénal qui criminalise certaines formes d’expression considérées comme soutenant ou glorifiant des actes de terrorisme.

« C’est une affaire politique », a déclaré Mme Hassan dans une interview avant son audience. « C’est une façon de mettre la cause palestinienne en accusation. »

Mme Hassan a ajouté que ces poursuites s’inscrivent dans une campagne plus large la visant pour ses prises de position en faveur de la Palestine.

L’eurodéputée a indiqué avoir subi d’intenses pressions judiciaires et politiques ces derniers mois.

Elle a décrit des mesures d’enquête disproportionnées, notamment la levée de son immunité parlementaire, une surveillance rétroactive et la diffusion de fausses informations suite à son arrestation en avril.

Le 2 avril, Hassan a été placée en garde à vue après avoir publié sur X une citation de Kozo Okamoto, ancien membre de l’Armée rouge japonaise (aujourd’hui dissoute).

La citation disait : « Tant qu’il y aura oppression, la résistance sera non seulement un droit, mais aussi un devoir. »

Hassan a déclaré que lors de sa garde à vue en avril, elle avait été soumise à un interrogatoire particulièrement intrusif sur son identité, ses origines et sa religion, alors que ces questions n’avaient « aucun lien avec les faits allégués ».

« Cette façon de procéder s’inscrit dans un climat politique où les Palestiniens, ou les personnes perçues comme telles sont trop souvent considérés comme des suspects avant d’être considérés comme des citoyens », a-t-elle déclaré.

Dans un communiqué de presse publié avant le procès, l’équipe d’Hassan a déclaré que la citation qu’elle avait partagée sur X faisait référence à un principe fondamental du droit international : le droit des peuples de résister à la colonisation et à l’occupation de leur territoire par une armée étrangère.

Selon ce communiqué, Hassan a ensuite supprimé la publication afin d’éviter tout malentendu.

La publication a été signalée au parquet par Matthias Renault, député du Rassemblement national (extrême droite), le ministre français de l’Intérieur, l’Organisation juive européenne (OJE) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

Les poursuites ont été engagées par le parquet, qui relève du pouvoir exécutif.

Hassan a déclaré que le « harcèlement judiciaire » dont elle est victime démontre « jusqu’où certains sont prêts à aller pour faire taire les voix qui dénoncent les souffrances du peuple palestinien ».

Le procès de ce mardi 7 juillet a été renvoyé aux 19 et 20 octobre à la demande de la défense, malgré l’opposition du ministère public et des parties civiles.

Il s’agit du dernier épisode des poursuites judiciaires engagées contre Hassan pour ses critiques de l’occupation israélienne et du génocide perpétré à Gaza. Au cours des deux dernières années, 16 procédures judiciaires ont été engagées contre elle, dont 13 ont déjà été classées sans suite.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV