Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé les propos du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, sur le détroit d’Ormuz, les qualifiant de totalement honteux et de grotesque distorsion de la réalité qui rappelle « le fourbe Méphistophélès dans le Faust de Goethe ».
Dans un communiqué publié lundi soir sur X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a affirmé que les propos du responsable allemand révélaient la complicité de Berlin dans la guerre d’agression illégale menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran.
« Les déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères concernant le détroit d’Ormuz sont absolument honteuses — une grotesque distorsion de la réalité qui rappelle Méphistophélès dans le Faust de Goethe », a écrit M. Baghaï.
Dans le Faust de Johann Wolfgang von Goethe, Méphistophélès est une figure de la ruse, de l’ironie et de la négation. Pour Goethe, il est le symbole du démon intellectuel qui procure à l’homme l’illusion de tout comprendre et de tout dominer. Méphistophélès, qui ne peut éteindre chez Faust l’aspiration vers l’infini et vers l’action, échoue.
« L’Allemagne doit être tenue pleinement responsable de sa complicité dans l’agression militaire contre l’Iran et assumer le lourd tribut de sa participation active à ce crime d’agression », lit-on dans la suite du communiqué qui note qu’« aucune posture offensive ne permettra au régime de Berlin de se soustraire à sa responsabilité dans cette guerre illégale et les crimes de guerre commis contre le peuple iranien ».
The German Foreign Minister’s rhetoric on the Strait of Hormuz is utterly shameful — a grotesque distortion of reality that reeks of Mephistopheles in Goethe’s Faust.
— Esmaeil Baqaei (@IRIMFA_SPOX) July 6, 2026
Germany must be held fully accountable for its complicity in military aggression against Iran and bear the heavy… pic.twitter.com/pA1SUnyD4p
Cette condamnation fait suite à l’opposition publique du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul à toute forme de péage ou de frais de service pour le transit dans le détroit d’Ormuz. Ce dernier a également demandé à ce que l’Iran finance les opérations de déminage, écartant toute perspective de coopération avec Téhéran.
Wadephul a insisté sur la nécessité de rouvrir cette voie maritime vitale « sans aucune restriction » et sans possibilité de percevoir des droits d’entrée, une position que les autorités iraniennes considèrent comme une ingérence flagrante dans la souveraineté de la République islamique d’Iran.
Le détroit d’Ormuz demeure sous l’autorité pleine et entière de la République islamique d’Iran depuis la guerre d’agression israélo-américaine. Les forces de la marine des gardiens de la Révolution islamique d’Iran, continuent d’exercer un contrôle intelligent sur le trafic maritime à ce point de passage stratégique.
De hauts responsables politiques iraniens ont déclaré à plusieurs reprises que la gestion du détroit d’Ormuz relève de la seule responsabilité de l’Iran, car elle est indissociable de sa souveraineté nationale.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a clairement indiqué que l’Iran, à lui seul, est responsable de la réouverture de la voie maritime, conformément aux accords bilatéraux conclus avec les États-Unis. Il a averti que toute ingérence étrangère ne ferait que compliquer le processus.
L’Iran a mis en place un système structuré de navigation sécurisée, incluant la possibilité de percevoir des redevances pour les services maritimes, une mesure souveraine légitime soutenue par des partenaires régionaux tels que le Sultanat d’Oman.
Les prises de position de l’Allemagne ne sauraient effacer son alignement avéré sur le camp mené par les États-Unis, qui a lancé la guerre illégale contre l’Iran par le biais de sanctions, d’un soutien militaire et d’une couverture politique.
À présent, Berlin cherche à s’immiscer dans les accords d’après-guerre sous couvert de missions de « déminage » ou de « sauvegarde », des initiatives que Téhéran a fermement rejetées comme une ingérence provocatrice.
Les responsables iraniens ont averti à maintes reprises que l’ère des diktats occidentaux sur les eaux territoriales et la sécurité de l’Iran est bel est bien révolue.
La République islamique d’Iran, qui a défendu le détroit face aux menaces étrangères pendant la guerre, ne permettra pas à des puissances extérieures de compromettre la stabilisation ni de porter atteinte à ses intérêts souverains.
Les déclarations de Johann Wadephul sont une parfaite illustration du double discours occidental. Il donne des leçons au monde sur la « liberté de navigation », tout en soutenant l’agression et en tentant désormais d’imposer sa volonté à la nation même, qui a subi cette guerre illégale et en assume les conséquences.