« Tout accord entre l’Iran et les États-Unis aura des conséquences directes pour le Liban, que les autorités libanaises l’acceptent ou non », a déclaré un député du Hezbollah après que le président américain Donald Trump a prétendu qu’un accord avec Téhéran était imminent.
Hassan Fadlallah, membre du bloc Loyauté à la Résistance au Parlement libanais, a déclaré que l’Iran insiste pour inclure le Liban dans tout accord potentiel avec Washington.
« Cela ne signifie pas que Téhéran cherche à prendre des décisions pour le Liban, mais souhaite plutôt que le gouvernement de Beyrouth bénéficie de cet accord. L’Iran a toujours soutenu le Liban et rejette tout accord qui n’inclut pas un arrêt des frappes israéliennes », a déclaré Fadlallah.
Il a qualifié de « totalement fausses » les allégations selon lesquelles la guerre de la résistance servirait les intérêts iraniens. « Elles visent à “dissimuler la vérité” ».
Fadlallah a également critiqué les autorités libanaises pour avoir violé leur engagement de ne pas entamer de négociations avec Israël avant la conclusion d’un cessez-le-feu, qualifiant cette décision de « grave manque de respect envers le sang des martyrs ».
« Comment pouvons-nous nous asseoir à la même table que ceux qui continuent de commettre des crimes contre le peuple libanais, alors que l’ennemi se vante du rôle des États-Unis dans son projet destructeur contre le Liban, et que les autorités libanaises restent silencieuses ? », a-t-il souligné.
Le dossier libanais est devenu un point d’achoppement majeur dans les négociations américano-iraniennes. Dimanche, l’Iran a lancé des frappes de missiles sur la Palestine occupée en représailles à une attaque israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth.
Quelques heures plus tard, le Corps des gardiens de la Révolution islamique iranien a averti que toute nouvelle attaque contre le Liban entraînerait une riposte plus large « englobant toutes les cibles américaines et sionistes dans toute la région ».
Le général Ali Abdollahi, chef du commandement central militaire iranien, a déclaré qu’Israël avait « franchi toutes les lignes rouges » avec la frappe sur Beyrouth. « Si de tels actes d’agression devaient se répéter, l’ampleur des représailles serait encore plus importante », a-t-il fait savoir dans un communiqué.
Les responsables iraniens ont toujours affirmé que le Liban ne pouvait être exclu d’aucun accord de cessez-le-feu.
Une proposition iranienne en 10 points, qui sous-tend la trêve d’avril, stipule explicitement que « le Liban et l’ensemble de l’Axe de la Résistance, en tant qu’alliés de l’Iran, forment une partie indissociable du cessez-le-feu », selon le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui aussi déclaré que Téhéran « n’abandonnera jamais ses frères et sœurs libanais ». La reprise des attaques israéliennes contre le Liban « viole de manière flagrante le cessez-le-feu initial », a-t-il estimé.
Le Pakistan, qui a joué le rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis, a confirmé que le Liban était inclus dans le cadre du cessez-le-feu.
« La Résistance se bat pour défendre le Liban », a déclaré Fadlallah. « L’Iran soutient le Liban et rejette tout accord qui n’inclut pas un arrêt de l’agression contre le Liban. »