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La moitié des stocks américains de missiles THAAD s'est épuisée dans la guerre contre l’Iran (Washington Post)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La moitié des stocks américains de missiles THAAD s’est épuisée lors de la guerre d’agression contre l’Iran, selon des évaluations du Pentagone.

La moitié des stocks américains de missiles THAAD s’est épuisée lors de la guerre d’agression contre l’Iran, selon des évaluations du Pentagone.

Les révélations du journal américain Washington Post, publiées jeudi 21 mai, mettent en lumière le véritable coût du soutien inconditionnel apporté par les États-Unis au régime d’occupation sioniste lors des agressions militaires contre l’Iran.

Ce rapport expose le lourd fardeau que Washington a assumé pour soutenir le régime israélien qui s’est montré particulièrement fragile face aux puissantes frappes de représailles iraniennes, ce qui a d’ailleurs révélé l’existence de profondes failles dans le partenariat militaire américano-israélien.

S’appuyant sur des données du département américain de la Guerre, le rapport a révélé que Washington a déployé plus de 200 intercepteurs THAAD (système de défense de zone à haute altitude terminale), soit près de la moitié du stock du Pentagone à travers le monde, et ce, uniquement pour contrer les frappes de représailles iraniennes sur les cibles israéliennes.

Les navires de guerre américains en Méditerranée orientale ont également tiré plus de 100 intercepteurs Standard Missile-3 et Standard Missile-6.

À l’inverse, le régime israélien a utilisé moins de 100 intercepteurs Arrow et environ 90 missiles de ses systèmes Fronde de David, la plupart dirigés contre des projectiles moins avancés provenant du Yémen et du Liban plutôt que contre les puissants missiles iraniens.

Un haut responsable de l’administration américaine a reconnu auprès du Washington Post qu’au total, « les États-Unis ont tiré environ 120 intercepteurs de plus et engagé deux fois plus de missiles iraniens » que le régime israélien.

Ce responsable a averti que la reprise éventuelle des hostilités dans les prochains jours contraindrait Washington à déployer un nombre encore plus important de ses intercepteurs coûteux, d’autant plus que l’armée israélienne a mis hors service plusieurs de ses batteries antimissiles pour maintenance.

« Ce déséquilibre risque de s’aggraver en cas de reprise des combats », a souligné le responsable américain.

Ces chiffres donnent un aperçu rare de la dynamique réelle de l’alliance américano-israélienne. Comme l’a noté l’analyste militaire K.A. Grieco, ces chiffres sont frappants. Selon lui, Les États-Unis ont mené la majeure partie des opérations antimissiles tandis qu’Israël conservait ses propres munitions ».

Grieco a ajouté que même si la logique opérationnelle se justifiait pour le régime de Tel-Aviv, les États-Unis se retrouvent aujourd’hui avec environ 200 intercepteurs THAAD et une chaîne de production insuffisante pour répondre à la demande, alors que cette facture pourrait se poser aussi dans d’autres zones de conflit sans lien avec l’Iran.

Cette dépendance confirme une fois de plus ce que les responsables iraniens affirment depuis longtemps : le régime sioniste est structurellement incapable de se défendre ou de gagner des guerres sans une intervention américaine massive.

Un autre responsable américain a affirmé : « Israël n’est pas capable de mener et de gagner des guerres seul, mais personne ne le sait vraiment, car on n’en voit jamais les répercussions. »

Le Pentagone a tenté de minimiser les inquiétudes au sujet du partage des charges, indiquant que les intercepteurs de missiles balistiques ne sont qu’« un outil parmi d’autres dans un vaste réseau de systèmes ».

Entre-temps, l’ambassade d’Israël à Washington a publié une déclaration indiquant que les États-Unis n’avaient « aucun autre partenaire » possédant les prétendues capacités d’Israël. Mais c’est une allégation qui sonne de plus en plus creux à mesure que la dépendance du régime sioniste aux ressources et aux munitions américaines devient indéniable.

Alors que les tensions s’exacerbent et que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu continue de faire pression sur Washington pour la reprise des hostilités, cet épisode met en lumière le succès stratégique du programme balistique iranien.

La riposte mesurée, mais puissante de l’Iran a non seulement infligé de lourdes pertes aux agresseurs, mais a épuisé les réserves stratégiques de leur principal allié, les États-Unis, révélant ainsi les limites des capacités réelles de Washington à protéger indéfiniment Israël.

Le calcul stupéfiant de l’épuisement des stocks de missiles américains révèle le véritable coût de la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Avant le conflit, de hauts responsables militaires, dont le général Dan Caine, chef d’état-major des armées, avaient averti Trump qu’une guerre prolongée épuiserait considérablement les stocks.

Les démocrates du Congrès ont également exprimé leur inquiétude. « À un moment donné, cela devient un problème mathématique », a déclaré le sénateur de l’Arizona, Mark Kelly, avant de s’interroger : « Comment pouvons-nous reconstituer nos réserves de munitions de défense aérienne ? »

Une analyse récente du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) a souligné que les accords récemment conclus par l’administration Trump avec des fournisseurs d’armement pour quadrupler les armements de pointe mettront des années à se concrétiser.

Le secrétaire adjoint de l’armée américaine chargé des effectifs et des affaires de réserve, Jules Hurst, a en effet annoncé un plan d’élargissement des contrats pluriannuels dans le cadre de la demande de budget militaire de 1 500 milliards de dollars de Trump, mais les analystes préviennent que, même dans les scénarios les plus optimistes, la reconstitution des arsenaux épuisés après la guerre contre l’Iran prendra de nombreuses années.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV