Les ministres des Affaires étrangères de dix pays ont fermement condamné l'attaque israélienne contre la flottille Global Sumud, une mission humanitaire civile pacifique qui tentait de briser le blocus israélien de Gaza et d'acheminer de l'aide au peuple palestinien.
Dans une déclaration commune publiée lundi, les ministres de Turquie, du Bangladesh, du Brésil, d'Indonésie, d'Espagne, de Colombie, de Libye, des Maldives, du Pakistan et de Jordanie ont déclaré qu'ils considéraient avec une « profonde préoccupation » les interventions répétées d'Israël contre les missions d'aide dans les eaux internationales.
« Ces attaques, notamment les assauts contre des navires et la détention arbitraire de militants constituent une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire », indique le communiqué.
Les ministres ont appelé à la libération immédiate de tous les militants détenus et au plein respect de leurs droits et de leur dignité, exhortant la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales en matière de protection des civils et des missions humanitaires.
Flottille interceptée ; des militants « enlevés »
Les forces israéliennes ont intercepté la flottille lundi dans les eaux internationales à l'ouest de Chypre, à environ 70 milles nautiques de l'île.
Les organisateurs ont déclaré que 10 bateaux d'un convoi de 60 navires ont été attaqués et arraisonnés, et qu'une centaine de militants ont été arrêtés, dont 96 participants turcs et des ressortissants de 39 autres pays tels que les États-Unis, l'Allemagne, l'Irlande, l'Espagne, la Malaisie et l'Indonésie.
« L’occupation israélienne a de nouveau intercepté illégalement et violemment notre flotte internationale de navires humanitaires et enlevé nos volontaires », a écrit la flottille Global Sumud sur X, exigeant la libération rapide de tous les détenus et la fin du blocus de Gaza.
La flottille avait appareillé jeudi du district turc de Marmaris, sur la côte méditerranéenne, avec à son bord plus de 420 participants.
Sa mission était d'attirer l'attention internationale sur la catastrophe humanitaire à Gaza et de briser le blocus israélien imposé depuis 2007.
Indignation internationale
Les autorités turques ont dénoncé cette interception comme un « nouvel acte de piraterie ».
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a condamné cette action, déclarant qu’« aucun agent israélien n’a de juridiction dans ces eaux ».
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a déclaré que le monde devait cesser de « se soumettre à l'oppression », exigeant la libération immédiate de tous les militants détenus, dont 16 Malaisiens.
« La persécution des Palestiniens et des militants humanitaires doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré, soulignant qu’Israël « doit répondre de ses actes devant la justice ».
Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, a dénoncé l'attaque qu'il qualifiée d'« acte de terrorisme d'État et d'atteinte systématique à l'ordre international tout entier ».
Cette interception constitue la deuxième attaque de ce type contre la flottille Global Sumud en moins d'un mois.
Le 29 avril, les forces israéliennes ont attaqué la mission humanitaire au large de l'île grecque de Crète, et ont expulsé les militants à bord.
Le blocus de Gaza imposé par Israël depuis des décennies a entraîné des pénuries généralisées de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité, et les organisations humanitaires internationales ont mis en garde à plusieurs reprises contre une catastrophe humanitaire.