Le réalisateur palestinien Mohammed Alshareef n’a toujours pas reçu le visa nécessaire pour présenter son documentaire Super Sila au Festival de Cannes le 17 mai.
Le cinéaste, âgé de 36 ans et résident à Gaza, éligible au programme Pause du Collège de France, qui permet l’accueil d’artistes et de scientifiques étrangers en danger avec un financement étatique couvrant 60 % sur un an renouvelable, se trouve bloqué malgré cette qualification, selon Le Canard enchaîné.
Le ministère français des Affaires étrangères a expliqué que la situation était liée à « l’absence de conditions d’évacuation et l’impossibilité actuelle de quitter Gaza ».
Ce blocage intervient alors que d’autres pays européens, comme l’Espagne et l’Italie, ont facilité l’évacuation d’artistes et de chercheurs palestiniens. Une pétition réunissant Gilles Jacob, ancien délégué général de Cannes, ainsi que les réalisateurs Mathieu Kassovitz et Costa-Gavras, n’a pas permis de débloquer la situation, d’après le même média.
Rima Hassan a partagé sur le réseau social X que « la France avait également interdit l’entrée au directeur de l’ONG palestinienne al-Haq, Shawan Jabarin, contraint de saisir le juge administratif », ajoutant : « Tout est fait, dans la culture, l’associatif ou encore la politique, pour censurer les voix palestiniennes ».
De son côté, Mounir Satouri, député européen écologiste et président de la commission des droits humains, a également déclaré sur la plateforme X : « Il y a un sérieux problème avec le gouvernement de Sébastien Lecornu : les demandes de visa des Palestiniens sont systématiquement bloquées. Pour Shawan Jabarin, c'était le ministère de l’Intérieur, qui bloquait son visa.» Il a alors demandé à Laurent Nunez et Jean-Noël Barrot : débloquez la situation de Mohammed Alshareef !
L’École nationale supérieure (ENS) Louis-Lumière garantit son accueil, mais le Quai d’Orsay ne lui a pas encore délivré de visa. Hervé Rony et Anja Unger, respectivement directeur général et présidente de la Scam (Société civile des auteurs multimédia), ont adressé un courrier aux ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, le 27 avril, pour demander un déblocage, sans réponse à ce jour.
Mohammed Alshareef, réalisateur de courts-métrages et documentaires primés, vit à Gaza. Son projet Super Sila s’intéresse à la création de récits imaginaires pour protéger l’enfance dans un contexte de guerre. Le programme Pause, mis en place par le Collège de France, vise à soutenir des artistes et chercheurs étrangers en danger, avec un financement public partiel et un accompagnement par des institutions académiques ou culturelles françaises.