Des militants se sont rassemblés jeudi devant le tribunal parisien pour soutenir Olivia Zémor, militante de longue date et fervente défenseure des droits des Palestiniens et de la reconnaissance de leur État, accusée d’apologie du terrorisme.
Selon la loi française, cette accusation vise toute personne ayant formulé des commentaires positifs sur ce qui est considéré comme un attentat terroriste.
« C’est Israël et le gouvernement qui devraient être à ma place. Nous savons que la répression de tous les militants est un cadeau de plus que le gouvernement fait à Israël, et ils tentent de nous faire taire », a déclaré Olivia Zémor, fondatrice de l’ONG Euro-Palestine.
Depuis 2023, quelque 350 personnes ont été inculpées en France pour ce qui a été qualifié d’apologie du terrorisme.
Les charges retenues contre Olivia Zémor font suite à la publication d’un article sur internet en octobre 2023, qui réagissait aux combats près de la bande de Gaza, aux frappes aériennes israéliennes sur Gaza et aux opérations en Cisjordanie.
« Ils veulent m’intimider. C’est parce que cela fait déjà 24 ans que je milite pour la Palestine, mais ils espèrent que d’autres se diront : “Oh, je ne veux pas être à sa place et subir un procès et tous ces problèmes.” », a-t-elle ajouté.
Les comparutions devant les tribunaux ne sont pas une nouveauté pour Olivia Zémor. « Je suis allée au tribunal au moins 12 ou 15 fois dans ma vie, et bien sûr, je n’ai pas peur. C’est la routine. C’est toujours la même chose. Vous savez qui réclame encore plus de répression si vous critiquez Israël, etc. Ce n’est donc pas la fin, et nous sommes prêts à y faire face », a précisé Olivia Zémor
Divers syndicats et ONG ont critiqué ce qu’ils ont décrit comme une escalade de la répression de la solidarité pro-palestinienne.
Ces poursuites, selon eux, mettent en lumière un climat politique et un traitement différencié du conflit à Gaza, certaines ONG accusant les gouvernements occidentaux d’avoir toléré en silence le massacre de civils palestiniens perpétré par Benjamin Netanyahu.
Bien qu’Olivia Zémor n’écope probablement que d’une amende et d’une peine avec sursis, juristes et défenseurs des libertés civiles estiment que de tels cas ont ravivé le débat en France sur la liberté d’expression et les limites du discours politique.