Le Haut Conseil iranien des droits de l’homme a appelé les Nations Unies à reconnaître comme criminels de guerre les responsables américains de l’attaque délibérée contre le destroyer iranien Dena.
Dans un communiqué publié lundi, le Conseil a condamné le tir de deux torpilles par le sous-marin américain USS Charlotte contre le Dena, un destroyer iranien de classe Mowj de la marine de la République islamique d’Iran, dans les eaux internationales près de la côte sud du Sri Lanka, le 4 mars. L’attaque a causé la mort en martyr de 104 membres d’équipage du destroyer Dena.
Selon le Conseil, cette agression, perpétrée durant la guerre d’agression illégale menée par les États‑Unis et Israël contre l’Iran, constitue une violation explicite de l’interdiction du recours à la force en dehors de tout cadre de légitime défense, tel que défini par la Charte des Nations Unies.
En outre, l’instance iranienne des droits de l’homme a indiqué que l’attaque contre le destroyer Dena enfreint les normes du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de précaution et de proportionnalité.
Le communiqué a dénoncé la manière dont les États-Unis ont mené cette double attaque, visant à maximiser les pertes humaines. Il a également condamné les agissements du sous-marin américain pour avoir ignoré les droits fondamentaux des marins iraniens, tant noyés que blessés, en quittant les lieux sans tenter d’opérations de sauvetage.
De plus, il dénonce l’interdiction inhumaine faite par les États-Unis concernant le retour des corps des martyrs, soulignant ainsi le mépris flagrant de Washington pour la dignité humaine dans le cadre de ce conflit.
Le Conseil des droits de l’homme a affirmé que l’Iran tient les États-Unis, ainsi que les autorités militaires et politiques concernées, pour directement responsables de ce crime de guerre. Il a appelé le Conseil des droits de l’homme et le Secrétaire général des Nations Unies à condamner officiellement cette attaque. De plus, il a demandé l’inscription d’une affaire indépendante sur cette attaque inhumaine à l’ordre du jour des instances internationales, tout en exigeant que les noms des responsables américains soient répertoriés comme criminels de guerre.
Parallèlement, il a appelé à faire pression sur le gouvernement américain pour qu’il présente des excuses officielles et verse une indemnisation complète au gouvernement et au peuple iraniens, en particulier aux familles endeuillées.
« La République islamique d’Iran se réserve le droit légitime de défendre son intégrité territoriale, sa dignité humaine et sa pérennité militaire, notamment par une réponse proportionnée et par des poursuites judiciaires devant toutes les instances compétentes, nationales et internationales », ajoute le communiqué.
Invité par la marine indienne dans le strict respect des protocoles internationaux, le destroyer Dena avait rejoint le port de Visakhapatnam pour participer aux exercices « Revue navale internationale 2026 » et « Milan 2026 ».
Alors qu’il faisait route vers son port d’attache après ces manœuvres, le destroyer Dena, non armé, a été délibérément pris pour cible en eaux internationales par deux torpilles lancées par la marine américaine.
104 marins tombés en martyrs lors de l’assaut. 32 membres d’équipage du destroyer ont été secourus par les forces sri-lankaises, tandis que les corps de 20 autres n’ont jamais été retrouvés.
À noter que l’agression non provoquée des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a débuté le 28 février avec des raids aériens, qui ont ciblé de hauts responsables et commandants iraniens.
Les forces armées iraniennes ont alors mené des centaines de vagues de frappes de représailles réussies contre des cibles américaines et israéliennes sensibles et stratégiques à travers la région. Elles ont aussi bloqué le détroit d’Ormuz aux pétroliers et méthaniers affiliés à l’ennemi et à ceux qui coopèrent avec lui, afin de maintenir la sécurité de cette voie maritime cruciale.
Le 8 avril, quarante jours après le début du conflit, un cessez-le-feu de deux semaines négocié par Islamabad est entré en vigueur pour permettre la tenue des négociations entre Washington et Téhéran dont le premier cycle n’a pourtant pas abouti à un quelconque accord.
Donald Trump a prolongé unilatéralement la trêve, tout en imposant un blocus naval inhumain à l’Iran. Pour sa part, Téhéran a refusé de s’engager dans un nouveau round de négociations, invoquant les exigences excessives de Washington et la piraterie contre les navires iraniens comme deux principaux obstacles à la conclusion d’un accord.