En Albanie, une vague de contestation populaire déferle sur les rues de Tirana. La population exprime sa vive opposition à un projet de complexe hôtelier de luxe, évalué à près de 1,4 milliard d’euros et porté par Affinity Partners, la société d’investissement de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Ce projet colossal, qui cible des zones côtières protégées, cristallise les craintes liées aux dommages environnementaux et aux pratiques de gouvernance.
Le mouvement de protestation, qui en est à son quatrième jour consécutif dans la capitale, a donné lieu à des affrontements tendus entre les manifestants et les forces de l’ordre. Les protestataires, portant de pancartes proclamant « L’Albanie n’est pas à vendre » ou « Nous ne voulons pas d’une Albanie façon Dubaï », ont également arboré des silhouettes de flamants roses en carton pour sensibiliser l’opinion à la menace qui pèse sur l’île inhabitée de Sazan et sur la zone humide de Vjosa-Narta, sanctuaire de biodiversité abritant notamment des phoques moines et des tortues marines.
« Nous avons fait face à une absence totale de transparence », déplore Aleksandr Trajce, directeur exécutif de l’Association pour la protection et la préservation de l’environnement naturel en Albanie (PPNEA).
« Aucune consultation publique n’a été menée, et aucun document officiel relatif aux permis de construire n’a été rendu public. Notre position est claire : le dialogue ne sera possible qu’une fois les bulldozers retirés, les clôtures démantelées et les habitats naturels restaurés. »
De son côté, Ivanka Trump, épouse de Jared Kushner, a récemment justifié cet intérêt pour la région, affirmant avoir découvert le site par hasard lors d’une excursion en mer et avoir été immédiatement « captivée ».
Le projet de Kushner en Albanie s’inscrit dans une stratégie d’investissement plus large, incluant initialement le réaménagement d’un ancien quartier général de l’armée à Belgrade. Une mesure que Kushner a finalement dû abandonner l’année dernière, sous la pression de manifestations similaires en Serbie.
La tension, portée par ce mécontentement social, a trouvé un écho inattendu lors d’un match de football à Tirana, mercredi dernier. Tout au long de la rencontre opposant des équipes albanaise et israélienne, le public a multiplié les manifestations d’hostilité, conspuant les joueurs adverses à chaque prise de balle.
La situation a dégénéré à la 73e minute, après un but marqué par l’équipe d’Israël, provoquant des affrontements dans les tribunes et des jets d’objets sur le terrain.