Ce lundi 11 mai, le porte-parole de la Commission de la politique étrangère et de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Rezaï, a déclaré que les questions relatives à la technologie nucléaire et à l’enrichissement de l’uranium ne figurent pas à l’ordre du jour d’éventuelles négociations avec les États-Unis, alors que Téhéran met l’accent sur le fait que les pourparlers se concentrent exclusivement sur la fin de la guerre dans la région.
Il a tenu ces propos en citant des déclarations antérieures du directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, lors d’une réunion conjointe.
« Selon le directeur de l’OIEA, la question de la technologie nucléaire ne figure pas à l’ordre du jour des négociations [avec les États-Unis] et l’enrichissement n’est pas négociable », a souligné M. Rezaï.
En faisant référence aux propos de M. Eslami, le député iranien a affirmé que « les préparatifs nécessaires ont été prévus et mis en œuvre afin de protéger les sites et les installations nucléaires ».
Le directeur de l’OIEA a indiqué que l’industrie nucléaire du pays poursuivra activement ses activités, a indiqué M. Rezaï, avant de souligner que les acquis nucléaires seront protégés.
D’après les mots du député iranien, M. Eslami a aussi mis en garde contre un « complot de l’ennemi visant à détruire l’autorité de la République islamique ainsi que l’industrie nucléaire du pays », tout en poursuivant que « les activités de l’industrie nucléaire iranienne sont et resteront pacifiques ».
Dans un autre volet de ses remarques, M. Rezaï a évoqué les propos du président de la Commission parlementaire de la politique étrangère et de la sécurité nationale, Ebrahim Azizi, tenus lors de la même réunion.
Selon M. Azizi, la nation iranienne et les générations futures ont besoin de l’industrie nucléaire.
« Le président de la Commission de la politique étrangère et de la sécurité nationale a déclaré que le droit nucléaire du pays ne doit faire l’objet d’aucun compromis et a souligné la nécessité de protéger les centres et les acquis nucléaires », a précisé M. Rezaï.
Cette réunion s’est tenue un jour après que l’Iran a soumis sa réponse officielle au texte proposé par la partie américaine.
Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré aux journalistes que la proposition de l’Iran pour mettre fin à la guerre était raisonnable, alors que les États-Unis continuent d’insister sur des « exigences déraisonnables » dictées par le régime israélien.
« Nous n’avons exigé aucune concession. La seule chose que nous avons réclamée, ce sont les droits légitimes de la nation iranienne », a précisé M. Baghaï. Qualifiant de « raisonnable » et « généreux » tout ce que l’Iran a proposé dans sa réponse, il a indiqué que cela va dans l’intérêt de la région et du monde.
« Notre proposition qui cherche à garantir un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz est-elle déraisonnable ? Établir la paix et la sécurité dans toute la région est-il irresponsable ? » a-t-il demandé.
Ces remarques ont été formulées après que le président américain Donald Trump a réagi avec colère à la réponse officielle de Téhéran, la qualifiant de « totalement inacceptable ». Il a aussi déclaré à Axios, dans une interview, avoir discuté de la réponse iranienne avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
À noter que l’agression criminelle menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a débuté le 28 février par des frappes aériennes qui ont coûté la vie à de hauts responsables et commandants iraniens, dont le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Le 8 avril, quarante jours après le début de la guerre, un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, est entré en vigueur entre l’Iran et les États-Unis.
Des négociations ont ensuite eu lieu dans la capitale pakistanaise, Islamabad, sans aboutir à un accord, en raison des exigences excessives de Washington et de son insistance sur des positions déraisonnables.
Depuis lors, la République islamique d’Iran a catégoriquement refusé de reprendre les pourparlers à moins que les États-Unis ne lèvent le blocus illégal imposé aux navires et ports iraniens. Téhéran a également réitéré que, tant que le blocus sera en place, il n’aura aucune intention de rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé en représailles aux frappes américano-israéliennes.