Dans une démarche inédite, un groupe de 30 parlementaires américains a pressé l’administration Trump de rompre avec la tradition de secret entourant l’arsenal nucléaire israélien.
Dans une lettre adressée mardi au secrétaire d’État américain Marco Rubio, les signataires ont exhorté l’administration Trump à abandonner sa politique d’ambiguïté de longue date à l’égard du programme nucléaire israélien.
Cette requête intervient dans un contexte de guerre israélo-américaine contre l’Iran. L’administration Trump affirme que l’objectif de cette guerre est de stopper le « programme nucléaire de Téhéran ».
Des élus démocrates de la Chambre des représentants ont souligné que Washington ne peut développer une politique de non-prolifération cohérente pour le Moyen-Orient tout en maintenant une position de silence officiel sur les armements nucléaires israéliens.
« Nous menons, au sens le plus strict du terme, cette guerre aux côtés d’un pays dont le gouvernement américain refuse officiellement de reconnaître l’existence potentielle d’un programme d’armement nucléaire », ont écrit les parlementaires, menés par le représentant Joaquin Castro.
Ils ont ajouté que les risques d’erreur d’appréciation, d’escalade militaire et d’utilisation de l’arme nucléaire dans ce contexte ne sont pas purement théoriques. Ils estiment que cette demande, formulée en pleine guerre israélo-américaine contre l’Iran, permettrait au Congrès de s’acquitter de son devoir constitutionnel d’être pleinement informé sur le sujet.
Les parlementaires ont exigé des informations détaillées sur les ogives et les systèmes de lancement israéliens, leurs capacités d’enrichissement, ainsi que sur les renseignements communiqués à Washington concernant les « lignes rouges » d’Israël.
Les démocrates de la Chambre ont réaffirmé que sans transparence concernant les capacités nucléaires d’Israël, il est impossible pour eux d’élaborer une politique de non-prolifération cohérente pour l’ensemble du Moyen-Orient.
Les démocrates appellent à la fin de l’ambiguïté officielle de Washington concernant le programme d’armement nucléaire israélien et demandent que l’administration Trump reconnaisse publiquement l’arsenal nucléaire non déclaré d’Israël.
Depuis des décennies, le régime de Tel-Aviv et les États-Unis maintiennent une politique d’ambiguïté sur le programme nucléaire israélien.
Cette politique, selon les démocrates, « rend impossible toute politique cohérente de non-prolifération au Moyen-Orient, que ce soit pour l’Iran, l’Arabie saoudite, ou tous les autres États de la région qui fondent leurs décisions sur leur perception des capacités de leurs voisins ».
Ils se sont également interrogés sur les motivations du Congrès à vouloir empêcher l’Iran de poursuivre ce que Téhéran qualifie de programme nucléaire pacifique, tout en accordant une liberté totale à Israël pour développer son arsenal nucléaire.
Téhéran considère depuis longtemps la possession d’armes nucléaires par Israël comme un obstacle majeur à la paix régionale. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’arsenal nucléaire du régime de Tel-Aviv freine la réalisation d’un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires.
Le régime israélien, largement considéré comme détenteur de l’un des plus importants arsenaux nucléaires au monde, a initié son programme nucléaire en 1952 avec le soutien technologique de la France et des États-Unis.
Selon plusieurs groupes de réflexion militaires, les premières armes nucléaires connues du régime israélien ont été développées vers 1967-1968. Leur production s’est ensuite accélérée rapidement, sans susciter la moindre protestation.
Dans un rapport historique publié en 1986, Mordechai Vanunu, un technicien israélien travaillant à la centrale nucléaire de Dimona, avait révélé l’existence du programme nucléaire clandestin du régime sioniste. Pour ces révélations, il fut condamné en 1988 à 18 ans de prison pour trahison.