Le ministre cubain des Affaires étrangères a vigoureusement réagi aux récentes déclarations de son homologue américain, qualifiant de « mensongères » les affirmations niant l'existence d'un embargo pétrolier contre Cuba.
Dans un message publié sur son compte X, Bruno Rodriguez a rappelé qu'en dépit des dénégations de Washington, la réalité du terrain est sans appel : au cours des quatre derniers mois, seule une cargaison de combustible a pu être acheminée vers l'archipel.
Le chef de la diplomatie cubaine a martelé : « Il y a quelques heures, le secrétaire d'État américain a osé prétendre qu'il n'existait aucune sanction pétrolière visant Cuba. Il a délibérément choisi de mentir, entrant ainsi en contradiction flagrante avec les directives du président et les porte-paroles de la Maison-Blanche».
M. Rodriguez a apporté des précisions chronologiques sur cette escalade : le 29 janvier, le Donald Trump a ratifié un décret imposant des tarifs douaniers punitifs à toute nation exportant du carburant vers Cuba. Cette mesure a été durcie le 1er mai par un nouveau décret instaurant des sanctions secondaires contre le secteur énergétique. « Nos fournisseurs subissent des manœuvres d'intimidation et des menaces directes, ce qui constitue une entrave caractérisée au libre-échange et à la liberté de navigation », a souligné le ministre.
De son côté, le secrétaire d'État Marco Rubio s'est obstiné à nier mardi la mise en place d'un blocus énergétique, malgré la signature par le locataire de la Maison-Blanche, vendredi dernier, d'un décret élargissant les sanctions sous couvert de « sécurité nationale ». Marco Rubio a d'ailleurs tenu des propos alarmants, suggérant qu'après avoir «parachevé la mission» en Iran, l'administration américaine prendrait le contrôle de Cuba de façon imminente, évoquant le déploiement potentiel du porte-avions USS Abraham Lincoln.
Réagissant à ces menaces, le président cubain Miguel Diaz-Canel a averti que Washington portait les tensions militaires à un seuil critique. Tout en affirmant que La Havane ne capitulerait jamais devant l'agresseur, il a qualifié ces nouvelles mesures coercitives de preuve irréfutable de la « banqueroute morale » de l'administration américaine.