Les répercussions de la guerre contre l’Iran ont ébranlé le marché du travail au Royaume-Uni. L’ampleur des conséquences économiques de ce conflit pour l’Europe, pourrait entraîner une nouvelle vague de chômage dans le pays, a averti le ministre du Travail et des Retraites.
S’exprimant mercredi sur la chaîne Sky News, Pat McFadden a précisé que le choc économique provoqué par la guerre contre l’Iran, ainsi que la poursuite des perturbations dans le détroit d’Ormuz, pourraient affecter le marché du travail britannique et conduire à des pertes d’emplois. Interrogé sur la possibilité d’une hausse du chômage, il a répondu : « Oui, cela pourrait se produire».
Ce n'est pas la première fois que les responsables britanniques mettent en garde contre les coûts économiques de la guerre contre l'Iran ; toutefois, les déclarations de McFadden revêtent une importance particulière, car elles dépassent le stade de la hausse des prix de l'énergie, du carburant et des denrées alimentaires pour lier cette crise directement au marché du travail et à la sécurité de l'emploi des Britanniques.
Le ministre a reconnu que la guerre contre l’Iran a modifié les perspectives de l'économie britannique. McFadden a ajouté qu'en réalité, avec l’impact de la guerre contre l’Iran, il n’était plus possible de compter sur ces tendances pour le moment. Il a précisé qu’un effet sur les prix, découlant des coûts de l’énergie, était probable et que cela pourrait avoir des conséquences sur le marché du travail.
Ces déclarations interviennent alors que la guerre d'agression menée par les États-Unis et le régime israélien contre l’Iran, ainsi que les perturbations qui en résultent dans le détroit d’Ormuz, ont provoqué un nouveau choc sur le marché mondial de l’énergie. Le Royaume-Uni, déjà confronté ces dernières années à une crise du coût de la vie, à la hausse des factures énergétiques et à la baisse du pouvoir d’achat des ménages, apparaît aujourd’hui plus vulnérable que jamais face à un tel choc.
Selon des rapports britanniques, la poursuite des perturbations dans le détroit d'Ormuz ces dernières semaines ont fait grimper les prix mondiaux de l'énergie et du carburant sur les marchés mondiaux, ravivant les craintes d'une remontée de l'inflation. Face à l'envolée des coûts de production, de transport et de matière première, les experts redoutent que cette situation fasse obstacle aux investissements, bloque les recrutements et finisse par provoquer des licenciements.
🇺🇸🇬🇧Un nouveau rapport révèle un désaccord de haut niveau entre la chancelière britannique Rachel Reeves et le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, exposant des divisions croissantes entre les alliés occidentaux au sujet de la guerre contre l'Iran. pic.twitter.com/Rse9GSYu3n
— Press TV Français (@fr_presstv) May 6, 2026
Parallèlement, les institutions économiques britanniques ont récemment mis en garde contre l’impact de la guerre contre l’Iran sur les ménages. La Resolution Foundation estime que, si la hausse des prix de l’énergie se poursuit, le coût supplémentaire pour les ménages britanniques pourrait atteindre environ 11 milliards de livres en 2026.
Le National Institute of Economic and Social Research prévoit également que le taux de chômage pourrait atteindre 5,5 % au dernier trimestre 2026. Dans le pire des scénarios, une prolongation de la crise pourrait même plonger l’économie britannique dans la récession au second semestre de l’année. L’institut avertit également qu’un choc énergétique pourrait alimenter l’inflation et placer la Banque d'Angleterre face à un choix difficile entre la maîtrise de l’inflation et le soutien à la croissance économique.
Les chiffres officiels montrent que le marché de l'emploi au Royaume-Uni était déjà fragile avant ces alertes. À la fin du mois de février, le pays comptait près de 1 780 000 chômeurs, portant le taux de chômage à 4,9 %. Aujourd'hui, les responsables britanniques redoutent que la guerre contre l'Iran et l'instabilité des approvisionnements énergétiques ne viennent compromettre cet équilibre déjà précaire.
Toutefois, la crise ne se limite pas au marché du travail. Ces derniers jours, des rapports ont fait état d’inquiétudes croissantes parmi la population quant à la hausse des prix des denrées alimentaires. Selon un sondage, quatre Britanniques sur cinq redoutent que la guerre contre l’Iran n’entraîne une augmentation des prix des denrées alimentaires, en raison notamment de la hausse des coûts de l’énergie, du transport et de la production.
Le British Retail Consortium a également mis en garde contre la pression des coûts énergétiques sur les commerces et les chaînes d’approvisionnement, appelant le gouvernement à renforcer son soutien afin d’éviter une répercussion totale de ces coûts sur les consommateurs. Toutefois, le gouvernement de Keir Starmer fait face à ces demandes dans un contexte marqué par une hausse des coûts d’emprunt et une marge de manœuvre budgétaire plus limitée qu’auparavant.
Par ailleurs, les rendements des obligations d’État britanniques à long terme ont récemment atteint des niveaux proches de leurs plus hauts depuis des décennies, avant de reculer légèrement sur fond d’espoirs de progrès dans les discussions de paix. Ces fluctuations montrent que la crise en Asie de l'Ouest et la perturbation du détroit d’Ormuz ne constituent pas seulement un enjeu régional, mais affectent également le coût de l’emprunt, les politiques budgétaires et la capacité du Royaume-Uni à soutenir son économie.
Le Premier ministre britannique tente, d’une part, de maintenir l’alignement du pays avec ses alliés occidentaux et, d’autre part, il fait face aux conséquences internes d’une guerre dont le coût pèse de plus en plus sur les ménages, les conducteurs, les consommateurs et désormais les travailleurs. L’avertissement de McFadden sur le risque de chômage constitue ainsi une reconnaissance implicite que la crise a dépassé le cadre de la diplomatie et de la sécurité énergétique pour toucher directement le marché du travail, le niveau de vie des ménages et l’avenir économique du Royaume-Uni.