Un superpétrolier japonais, transportant deux millions de barils de pétrole brut, a réussi sa traversée du détroit d’Ormuz après avoir obtenu l’autorisation de l’Iran. Ce passage est rare dans cette voie maritime stratégique depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
Le navire, identifié comme l’Idemitsu Maru –un VLCC (très gros porteur)–, battant pavillon panaméen et géré par une filiale du raffineur japonais Idemitsu Kosan, a repris la route lundi soir.
Il était resté stationnaire au large d’Abou Dhabi pendant plus d’une semaine. Le pétrolier avait chargé sa cargaison de brut au terminal saoudien de Juaymah début mars.
Selon les données de suivi des navires, l’Idemitsu Maru a brièvement modifié son itinéraire à proximité des îles iraniennes de Qeshm et de Larak, avant de reprendre sa course vers l’est, au-delà de Larak.
Cette traversée a nécessité une coordination étroite avec Téhéran. Il s’agirait du premier passage d’un pétrolier lié au Japon dans cette zone depuis le 28 février, date du début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Le Japon dépend fortement des importations de pétrole d’Asie occidentale, environ 95 % de son approvisionnement transitant habituellement par le détroit d’Ormuz.
Cependant, depuis le début de la guerre, le trafic maritime y a considérablement diminué.
L’Iran a imposé des restrictions, exigeant désormais une autorisation préalable pour tous les navires.
L’Iran exerce de fait un contrôle total sur cette voie maritime essentielle pour les expéditions de pétrole et de gaz depuis le début de l’agression israélo-américaine, ce qui a entraîné, entre autres, une forte augmentation des prix de l’énergie.
Les autorités iraniennes précisent que tout passage sera désormais soumis à une réglementation sur des routes désignées et nécessitera l’autorisation de l’Iran.
Le 13 avril, un mois après le début du conflit, le Commandement central américain a mis en place un blocus de l’ensemble du trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens. Téhéran dénonce fermement ce blocus, le qualifiant d’« acte illégal assimilable à la piraterie ».
Les efforts diplomatiques visant à désamorcer cette situation restent dans l’impasse.
Le Pakistan, médiateur du cessez-le-feu du 8 avril, poursuit ses efforts de médiateur entre Washington et Téhéran.