Une vive polémique a éclaté après les propos racistes du président américain Donald Trump sur le droit du sol, dans lesquels il a qualifié la Chine et l’Inde de « trous à rats ».
Trump a partagé sur Truth Social des commentaires de l’animateur de radio, le conservateur Michael Savage, dans son émission « The Savage Nation ». Ainsi, il a laissé entendre que les immigrants récents qui sont originaires de ces deux pays ne s’étaient pas intégrés à la société américaine comme les Américains blancs d’origine européenne.
Savage a écrit : « Un bébé qui arrive ici devient instantanément citoyen, puis ils font venir toute la famille de Chine, d’Inde ou d’un autre trou à rats sur la planète. »
« Il n’y a pratiquement aucune loyauté envers ce pays chez les immigrants qui arrivent aujourd’hui, ce qui n’a pas toujours été le cas ; non, ils ne sont pas comme les Américains d’origine européenne d’aujourd’hui et leurs ancêtres », a-t-il ajouté.
Des détracteurs du président Trump ont estimé qu’en republiant ces propos sans commentaire, il avait cautionné de fait une attaque xénophobe contre deux des nations les plus peuplées du monde et les communautés indiennes et chinoises aux États-Unis.
Le gouvernement indien y a réagi en condamnant fermement ces propos dans une rare et cinglante réprimande publique, les qualifiant de « manifestement mal informées, inappropriées et de mauvais goût ».
Jeudi, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a refusé des commentaires, mais a qualifié ces propos de « factuellement erronés » et de « profondément offensants ».
« Ils ne reflètent certainement pas la réalité des relations indo-américaines, qui reposent depuis longtemps sur le respect mutuel et des intérêts communs », a-t-il déclaré.
De son côté, le parti Congrès, principal parti d’opposition en Inde, a décrit ces propos comme « extrêmement insultants et anti-indiens » et a demandé au Premier ministre Narendra Modi d’interpeller personnellement Trump à ce sujet.
« Cela blesse tous les Indiens et le Premier ministre Narendra Modi devrait aborder cette question avec le président américain et lui faire part de sa ferme protestation », a déclaré le parti sur X.
Des associations de défense des droits des Américains d’origine asiatique ont reproché à Trump d’attiser la haine contre les minorités, à un moment où la politique de répression de l’immigration légale menée par son administration a déjà semé l’inquiétude chez de nombreux Américains d’origine indienne et chinoise quant à leur place dans la société américaine.
Dans un communiqué publié sur X, la « Hindu American Foundation » s’est dite profondément choquée que le président des États-Unis ait partagé « ce discours haineux et raciste visant les Américains d’origine indienne et chinoise ».
« Le fait que le président des États-Unis ait cautionné de tels propos attisera la haine et mettra en danger nos communautés, à un moment où la xénophobie et le racisme atteignent déjà des niveaux sans précédent », a averti la fondation.
Près de 5,5 millions de personnes d’origine indienne vivent aux États-Unis, aux côtés de millions d’Américains d’origine chinoise, formant les deux plus importantes communautés d’origine asiatique du pays.
Le fait que l’épouse du vice-président américain, Usha Vance, soit d’origine indienne –ses parents ayant immigré d’Inde– confère une hypocrisie particulièrement flagrante au texte partagé par le président américain, connu pour son imprévisibilité, de cette diatribe raciste.
L’ambassade des États-Unis à New Delhi a présenté une faible défense minimale, prétendant que « le président a dit : “L’Inde est un grand pays, dirigé par un de mes très bons amis” ».
Aucune explication n’a été fournie quant à la raison pour laquelle Trump aurait partagé des propos racistes les Indiens.
Le décret de Trump visant à restreindre le droit du sol est contesté par la Cour suprême des États-Unis. Plus tôt ce mois-ci, Trump a effectué une visite à la Cour pour assister à une audience sur cette question.
Cette vive polémique survient alors que le président Trump et le Premier ministre indien, Narendra Modi, s’efforcent de négocier un accord commercial après que leurs relations se soient détériorées l’année dernière à cause des droits de douane américains sur les produits indiens, dont beaucoup ont été par la suite annulés.